IMMIGRATION CLANDESTINE

Le Maroc refoule une mission du HCR

L'Expression, 20 octobre 2005

Les autorités marocaines ont refusé d’autoriser le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), venu de Genève, pour mener leurs investigations sur les demandeurs d’asile et les réfugiés interpellés ou en voie d’expulsion, a indiqué mercredi l’agence de l’ONU à Rabat. «Une mission de haut niveau, arrivée le 11 octobre à Rabat, n’a pas été autorisée depuis par les autorités marocaines à avoir accès aux personnes relevant du mandat du HCR», a indiqué à l’AFP, Marouane Tassi, attaché de liaison de cette organisation onusienne à Rabat.
Ainsi, le HCR affirme avoir été empêché de se rendre sur le terrain. La mission de cette organisation onusienne composée de trois personnes est dirigée par Ruven Menikdiwela, chef de Desk du HCR pour l’Asie centrale, l’Afrique centrale et du Nord et le Moyen-Orient, consiste à rechercher les demandeurs d’asile au Maroc et à enquêter sur la situation des réfugiés titulaires de documents du HCR, dont le nombre dépasse une vingtaine, qui auraient été interpellés. Pourquoi les autorités marocaines ont-elles pris la «décision» d’empêcher les envoyés de l’ONU à accomplir leur mission? De quoi ont-elles peur? Selon des témoignages des réfugiés contactés par les journalistes sur le sol marocain, il y a eu plusieurs ressortissants africains, dans la caserne de Bou Izakarn (sud), qui ont affirmé que des Africains ont été interpellés à Rabat et Casablanca alors qu’ils étaient en possession d’une carte de demandeur d’asile délivrée par le HCR à Rabat.
Pis, le Maroc a refoulé ces deux dernières semaines plus de 2500 immigrants africains qui tentaient de gagner l’Europe. Avec cette «stupidité» des autorités marocaines, le «makhzen», vient de violer le texte de la convention internationale. Lequel texte stipule, que tout demandeur d’asile qui se trouve sous la protection de l’ONU ne peut être expulsé avant que l’agence de l’ONU ne statue sur son cas. Dans ce sens, M.Tassi a ajouté: «Chaque fois que nous sommes informés de tels cas, nous adressons une note verbale au ministère des Affaires étrangères pour l’informer et lui rappeler que ces personnes sont sous notre protection.» Par ailleurs, la situation des réfugiés au Maroc est qualifiée, par HCR même, plus que tragique. Dans ce sens, cette ONG s’est déclarée la semaine passée «très préoccupée» par le sort d’un groupe d’immigrants africains qui affirmaient ne plus disposer d’eau après avoir été abandonnés lundi par les forces marocaines dans le désert du Sahara occidental. Ainsi, le Maroc échoue une nouvelle fois dans ses tentatives d’impliquer notre pays dans une situation que lui seul assumera devant les instances internationales.

Tahar FATTANI

 
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