Il sera rattaché à la PAF

La DGSN lance un office de lutte contre l’immigration clandestine

F. Boumediène, Liberté, 13 juillet 2006

Le phénomène de l’immigration clandestine ne cesse de prendre de l’ampleur dans la région et reste, plus que jamais, d’actualité et au centre des préoccupations des pouvoirs publics.

“Un office central de lutte contre l’immigration illégale” sera très prochainement créé. Il sera rattaché à la direction de la police des frontières dont la principale mission sera de lutter contre “toutes les formes et tentatives d’immigration clandestine”.

C’est ce qui a été annoncé, hier, à Oran, en marge de l’inauguration des journées d’information sur la police des frontières, tenues au niveau du hall de l’aéroport d’Es-Senia et ce, en présence du directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi. En effet, le chargé de l’information auprès de la direction de la police des frontières a expliqué que le projet de cette nouvelle structure est, semble-t-il, à un stade très avancé, seule la question des moyens à mettre en place serait encore à débattre et à mettre au point. Dans l’organisation de cet office, des services décentralisés au niveau des régions frontalières sensibles verront également le jour. Tout récemment, M. Abdelkader Messahel, ministre délégué aux affaires maghrébines et africaines, déclarait dans nos colonnes (voir notre édition du 10 juillet 2006) que le problème des migrations touchent directement un grand nombre de pays et que “cela requiert la coopération des pays concernés…” Et de rappeler quelques chiffres : “En 2005, les migrants d’origine subsaharienne représentent 1% des migrants illégaux en Espagne, 15% des marocains et 9% d’Europe de l’Est…”. L’Algérie, qui depuis longtemps a clarifié sa position sur la stratégie à adopter face à ce problème aux dimensions multiples, “humaine, sociale, économique et sécuritaire” , reste un pays de transit d’où l’importance de se doter de moyens de lutte conséquents et efficaces, notamment au niveau des frontières. Plus que jamais, l’ouest du pays, avec sa proximité des enclaves espagnoles au Maroc et des côtes espagnoles, est devenu l’un des passages privilégiés pour les réseaux criminels d’immigration clandestine. Chaque semaine, les services de la gendarmerie appréhendent des immigrants clandestins, majoritairement d’origine subsaharienne, et qui, pour subsister, font souvent dans l’informel et autres petits trafiques en tous genres. La connexion, encore, entre ces réseaux d’immigration illégale et les réseaux de trafic de drogue est de plus en plus mis en avant dans l’ouest du pays. À noter également le phénomène proprement algérien des candidats à l’émigration clandestine, à partir des côtes de la frange marine ouest. Là aussi, il ne se passe plus d’une semaine sans que soient “récupérés” en mer des harragas algériens prêts à braver la mort. À ce titre, la police des frontières est également au centre de toutes les politiques de lutte contre l’immigration illégale. Le renforcement des effectifs, les formations spécifiques grâce à la coopération avec des pays étrangers sont aussi des moyens mis en place dans cette lutte.
Lors de ces journées d’information, l’ensemble des services et missions de la police des frontières ont été exposés au directeur général de la sûreté nationale. À noter que le service régional de la police des frontières de l’Ouest (wilayas d’Oran, Mostaganem, Chlef et Tiaret) a eu à traiter, en 2005, 7 affaires de trafic de stupéfiants, et 6 autres les deux premiers trimestres de l’année 2006. Les délits de faux et usage de faux ont représenté 121 affaires en 2005 et 70 en 2006.

F. Boumediene

 
Version imprimable
Criminalisation de la migration  
www.algeria-watch.org