Une avocate algérienne souhaite défendre ses six compatriotes détenus à la base de Guantanamo

dimanche 2 février 2003

ALGER (AP) - Bakhta Déhamnia, une avocate algérienne du barreau de la ville de Biskra, au sud d'Alger, a fait part dimanche de son intention de défendre le dossier des six islamistes algériens détenus actuellement sur la base américaine de Guantanamo à cause de leur appartenance présumée au réseau terroriste Al-Qaïda.

Dans une déclaration exclusive au journal arabophone algérien, "Al-Khabar", Me Déhamnia a expliqué que "la justesse de la cause et son caractère humanitaire sont les raisons qui m'ont poussée à me constituer pour défendre ces Algériens dont les dossiers d'accusation sont vides".

Six algériens sont actuellement détenus à la base militaire américaine de Guantanamo en raison de leurs liens supposés avec le réseau du milliardaire saoudien Oussama ben Laden. Les autorités officielles algériennes observent un silence absolu sur ces détentions, qui sont devenues un des thèmes de prédilection des partis islamistes.

Plaçant son initiative sous le signe de "la dignité et de l'honneur", Bakhta Déhamnia dit s'être décidée à prendre la défense de ses compatriotes après avoir pris connaissance des déclarations faites, il y a quelques jours, par l'avocat des détenus de nationalité arabe à Guantanamo. Ce dernier, Me Neguib Naimi, reprochait aux autorités ainsi qu'aux avocats algériens leur inaction "devant l'injustice dont sont victimes les détenus algériens".

Après avoir décidé de prendre en charge l'affaire, l'avocate algérienne a ensuite "établi le contact avec les familles des détenus, grâce au député Hassan Aribi", qui appartient au parti islamiste Al-Islah (ndlr: la réforme) et est connu en Algérie pour son anti-américanisme virulent.

"Au début, je n'avais que très peu d'informations, mais grâce aux familles, j'ai pu rassembler des pièces qui me permettront de prouver l'innocence des détenus de nationalité algérienne", a assuré Me Déhamnia.

L'avocate a affirmé par ailleurs détenir des attestations délivrées par la justice bosniaque "prouvant que les Algériens de Guantanamo n'ont pas le moindre lien avec l'organisation terroriste internationale Al-Qaïda".

Bakhta Déhamnia a ajouté qu'elle avait introduit une demande de visa auprès de l'ambassade américaine à Alger, sans toutefois préciser si elle avait obtenu satisfaction. AP

oao/kb

 

 
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