La commission sécuritaire planche sur l’émigration clandestine

Le littoral de Béni Saf sous haute surveillance

Le Quotidien d'Oran, 22 février 2006

L’émigration clandestine, qui fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, était au centre de la réunion de la commission sécuritaire de wilaya de Aïn Témouchent, dimanche, au siège de la daïra de Béni Saf, sous la présidence du wali, M. Hocine Mazzouz.

La séance de travail a été élargie aux différents responsables locaux (chefs de daïra et P/APC du littoral de la wilaya). «Même si ce phénomène est devenu mondial, il n’est pas question de rester les mains liées et de le laisser se développer chez nous», dit un responsable qui nous fera part des mesures prises à l’issue de cette réunion, pour combattre à la source l’émigration clandestine. Des mesures supplémentaires, précise notre interlocuteur, qui fait état d’un premier arrêté préfectoral en ce sens.

Il a été ainsi décidé de dégager des plages et criques de la wilaya toute embarcation stationnée ou abandonnée. Les communes du littoral devront instruire, certaines ont déjà commencé, les propriétaires pour enlever leurs barques dans un délai prescrit, et les mettre dans un lieu sûr ou gardé. Faute de quoi, les services de l’APC se chargeront de mettre en fourrière toute embarcation dont le propriétaire n’aura pas donné suite à la sollicitation ou ne se serait pas fait connaître. Pour récupérer son bien, le même propriétaire devra régulariser sa situation, administrative et financière. Lundi déjà, trois embarcations non identifiées (ne portant aucune inscription) et abandonnées sur une plage à l’ouest de Béni Saf ont fait l’objet d’une mise en dépôt à la fourrière communale, en attendant d’être réclamées. Au niveau du port de Béni Saf, sur les 63 barques acquises dans le cadre du soutien à l’emploi de jeunes, une vingtaine non opérationnelles devront être prises en charge par la direction de la pêche et mises au niveau d’un site d’échouage gardé, ajoute notre source.

Seconde mesure prise, la réoccupation des lieux du littoral par l’ouverture immédiate des postes de surveillance. Tous les services de sécurité compétents devront être associés à cette mission (gendarmerie, garde communale, protection civile...). Des gardes ou permanences seront organisées.

Les gardes-côtes en tant que police maritime seront informés de tout mouvement suspect.

Autre mesure préventive, la sensibilisation. Une campagne devra être lancée incessamment en direction des familles et des jeunes. Le mouvement associatif sera impliqué également. De même pour les mosquées. Le concours de parents ou proches des personnes disparues ou restées sans nouvelles sera également sollicité. Ils viendront témoigner ou faire part de leur souffrance dans des débats organisés. Sur un autre plan, notre interlocuteur annoncera que 15.000 nouveaux postes d’emploi devront être créés sur ce littoral Béni Saf-Bouzedjar d’ici 2011. Un armateur rencontré lundi raconte l’histoire d’un jeune candidat à l’émigration clandestine, dont a été le théâtre le port de Bouzedjar, cette semaine. «Un homme est venu de Mascara pour rechercher son fils de 20 ans qui n’avait pas donné signe de vie depuis 48 heures. Et que ne fut sa surprise quand il découvrit que son fils était caché dans une baraque attendant son tour pour monter sur une de ces barques partant vers Almeria», relate notre interlocuteur. L’homme était bien sûr très content de revoir son fils mais, en même temps, il était très déçu. Hors de lui, il ne put s’empêcher de s’adresser à la foule: «Je lui ai acheté une voiture neuve. Je lui donne de l’argent de poche et regardez qu’est-ce qu’il voulait faire !»

Mohamed Bensafi


NAUFRAGE AU LARGE DE SASSEL

Une des sept victimes repêchée près de Terga-plage

Un corps a été repêché, lundi après-midi, non loin de Terga-plage dans la wilaya de Aïn Témouchent, par les éléments de la protection civile, apprend-on. Le corps a été identifié. Il s’agit de l’un des sept candidats à l’émigration clandestine, disparus dans la nuit du 13 février dernier au large de Sassel après le naufrage de leur embarcation.

La victime était âgée de 29 ans et originaire de Ouled Boudjemail dans la commune de Terga. Sa dépouille a été transférée à la morgue de l’hôpital de Aïn Témouchent. Les six autres candidats à l’émigration sont toujours portés disparus. Pour rappel, ils étaient au total 12 jeunes, venant de la région d’El-Amria et d’Oran, à prendre la mer le 13 février dernier à partir de la plage de Sassel pour rejoindre la rive nord de la Méditerranée. Le moteur de leur embarcation a subi une avarie.

Voulant le remplacer par un autre, ramené à bord, les candidats malheureux ont vu la manoeuvre échouer avec la submersion du bateau. Cinq d’entre eux seront secourus par un chalutier de Béni Saf, grâce aux signaux lancés à partir d’une torche que tenait l’un d’eux.

Mohamed Bensafi

 
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