ALI DJEDDI A L’EXPRESSION

Le préalable de la libération des chouyoukh

L'Expression, 19 juin 2003

«ramener la paix dans les coeurs et la sérénité entre Algériens».

L’un des ex-dirigeants du parti dissous, Ali Djeddi contacté chez lui dans une cité populaire de Koléa, s’est exprimé sur la prochaine libération de Ali Benhadj et la levée de mise à résidence de Abassi Madani. Pour Ali Djeddi: «La peine est désormais purgée et légalement rien ne s’oppose à la libération des deux chouyoukh. Le temps de l’incompréhension et de la répression sont derrière nous...» et Ali Djeddi d’ajouter: «La répression ou la prison n’ont jamais constitué une solution réelle aux problèmes entre les hommes.» Mesurant la gravité du moment, Ali Djeddi précise qu’en définitive: «Plus que la politique, seul l’Islam est important, le reste n’étant qu’une affaire entre les hommes!» Le dirigeant du parti dissous ne veut absolument pas aborder l’avenir, pour lui, toute la réflexion est subordonnée à la libération des deux ex-dirigeants du parti dissous. Une libération attendue, comme on le sait, à partir du 2 juillet. Pour lui, il n’y a aucune raison valable à ce que «les deux chouyoukh ne soient pas libérés, une fois leur peine purgée!» Ali Djeddi qui a longuement évoqué «les douleurs du peuple, avec notamment, le séisme, que Dieu a voulu!», est revenu aussi sur l’épisode du «minicongrès de D’hina». A l’étranger: «Nous avons quelques problèmes avec cette aile, qui est cependant libre d’agir comme elle l’entend. Des contacts, à part quelques épisodiques et informels échanges, il n’y en a jamais eu!» Sur le dossier épineux d’un «retour sur la scène politique du parti dissous», Ali Djeddi affirme prioritaires la liberté et la paix. «Après cela, tout est facile, tout est possible. D’abord ramener la paix dans les coeurs et la sérénité entre Algériens, le reste viendra après...Personnellement, je fais passer la daâwa pour l’Islam avant toute chose!» Ali Djeddi insiste: «Tout ce qui peut être réglé avec des discussions est préférable. Il vaut mieux échanger les idées, car, ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière?»
Enfin, on a abordé la question de l’élection présidentielle. La position d’Ali Djeddi et de son courant et l’éventuel soutien de cette mouvance ne sont guère connus. Pour l’ex-dirigeant du parti dissous : «Rien n’est encore clair, à ce sujet. Laissons d’abord les deux chouyoukh sortir, et après, seulement après, on pourra se rencontrer et débattre de la voie à suivre! Pour l’heure, on ne peut rien dire!» Pressé pour avoir sa position personnelle sur le sujet, Ali Djeddi n’ajoutera rien d’autre que: «Après, on verra!» Pour lui, «l’essentiel est de tout faire pour arriver à la paix. Le peuple n’a que trop souffert!» Sur l’éventualité d’un futur geste d’Ali Benhadj pour arriver vers cette paix désirée par tous, notre vis-à-vis dira: «C’est le souhait de tous. Mais laissons les choses se faire d’abord!»


A. SAÏD

 

   
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