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RAPPORT
2003 DU PNUD SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN
L’Algérie
régresse à la 107e place
L'Expression,
09 juillet 2003
Elle se retrouve
parmi les pays arabes et non pas de l’Afrique du Nord.
En dépit de
la bonne volonté des pouvoirs publics, la situation en Algérie
reste préoccupante et connaît une phase de régression
sociale et économique selon le rapport 2 003 du Pnud sur le développement
humain.
Dans ce rapport, les pays sont classés par régions. C’est
ainsi que l’Algérie se retrouve parmi les pays arabes et
non pas de l’Afrique du Nord. En outre les pays sont répertoriés
selon trois catégories pour chacun des objectifs du millénaire:
prioritaires, absolument prioritaires et autres (bien classés).
Dans son analyse, le rapport classe l’Algérie dans les pays
«prioritaires» en matière de développement.
Ce rapport laisse entrevoir que l’Indicateur de développement
humain (IDH) est en nette régression par rapport à l’année
passée. L’IDH est un outil synthétique du développement
humain qui chiffre le niveau moyen atteint par un pays à travers
trois aspects essentiels: la longévité et la santé;
l’instruction et l’accès au savoir et le niveau de
vie moyen, à savoir le Produit intérieur brut (PIB) par
habitant.
Chacun de ces aspects est mesuré par un indice. La somme arithmétique
des trois indices donne l’IDH du pays concerné. Les données
sur lesquelles se base le Pnud sont fournies par la Banque mondiale. L’IDH
établit pour 173 pays membres de l’ONU classe l’Algérie
à la peu reluisante 107e place derrière la Tunisie et la
Libye. Pour rappel l’Algérie était classée
106e l’année passée alors qu’elle était
classée 100e en 2001 sur 162 pays. En 2000 l’Algérie
occupait la 107e place et le 82e rang en 1994 sur 173 pays. Cet indicateur
était de 0, 693 (le maximum et le minimum étant de 0,939
et 0,258). En effet, l’étude fait ressortir que l’Algérie
est l’un des pays qui ont observé un «net recul»
dans l’atteinte de l’objectif qui vise à réduire
la mortalité infantile. Ce taux est actuellement de 6 pour 1000.
Dans son analyse sur la pauvreté monétaire, le rapport laisse
voir que moins de 10% de la population ont moins de 1 dollar par jour
pour vivre. Un taux certes insignifiant par rapport aux autres pays mais
indicatif quand on sait que les rentrées algériennes sont
estimées à 12 milliards de dollars. Les répercussions
de cet état de fait font qu’une moyenne de 12 % de la population
souffrent de malnutrition.
Mais il y a tout de même des aspects positifs qui auraient dû
se répercuter sur le niveau de vie de la population. Ainsi, plus
80 % de la population ont accès à l’eau potable ainsi
qu’aux infrastructures sanitaires.
L’autre consolation enregistrée est que le Pnud considère
que des progrès en direction des objectifs du millénaire
- réduire la proportion d’individus souffrant de la faim,
assurer à tous les enfants un cycle complet en matière d’enseignement
primaire et éliminer les disparités en matière d’éducation
et de formation - sont «en bonne voie». En matière
de bonne gouvernance le Pnud avertit que la lutte contre le terrorisme
ne saurait justifier le recul dans la lutte contre la pauvreté.
«Le besoin d’éradiquer la pauvreté ne doit pas
faire concurrence à celui de rendre le monde meilleur», est-il
écrit dans le rapport. Ce qui reste d’ailleurs la visée
de la déclaration du millénaire. Sur ce point, l’Algérie
est mal lotie, selon le rapport qui reste incomplet. En effet, le Pnud
estime qu’il ne peut y avoir de développement sans démocratie,
sans droits politiques et libertés civiles.
Comme recommandations: «Les pays riches et pauvres peuvent oeuvrer
de concert pour libérer des millions de personnes de la pauvreté
extrême et pour atteindre les autres cibles ambitieuses visées
pour 2015 par les Objectifs du millénaire pour le développement
(OMD)», peut-on lire dans le Rapport mondial sur le développement
humain 2003, dont le lancement a eu lieu hier à Dublin (Irlande).
Pour rappel, la manifestation de Dublin précède le lancement
du rapport au sommet de l’Union africaine de demain à Maputo,
capitale du Mozambique, symbole du partenariat Nord-Sud nécessaire
pour assurer la réalisation des OMD et des liens qui unissent l’Irlande
et le Mozambique. Pour dégager une croissance durable, ces pays
classés «prioritaires» doivent franchir des seuils
élémentaires dans plusieurs domaines clés : la gouvernance,
la santé, l’éducation, l’infrastructure et l’accès
aux marchés. Si un pays reste en deçà de ces seuils
dans l’un des domaines, il risque de tomber dans le «piège
de la pauvreté».
La sonnette d’alarme est tirée!
Smaïl ROUHA
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