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Ali Yahia semble confiant sur la prochaine libération des deux chefs du FIS Abassi Madani parle de prison, de Zeroual et de Bouteflika Le Quotidien d'Oran, 14 juin 2003 Le 2 juillet prochain, Abassi Madani et Ali Benhadj seront libérés. Leur avocat et président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, Maître Ali Yahia Abdennour, en est convaincu. Aucune autre affaire ne sera sortie aux deux hommes pour les maintenir en détention, après qu’ils auront accompli à cette date la totalité de leur peine. Maître Ali Yahia Abdennour a signé récemment avec d’autres personnalités nationales un appel au respect de la loi et donc à l’élargissement des deux hommes. Ils avaient demandé aux pouvoirs publics de ne pas recourir à «l’arbitraire» pour les empêcher de jouir de leur liberté. Ces appréhensions semblent avoir été partagées par les membres du FIS (version Mourad Dhina qui est légitimée au détriment de celle de Rabah Kebir) qui ont mis sur leur site électronique un volumineux livre sur les circonstances de l’arrestation des leaders du mouvement avec des PV d’audition chez le juge d’instruction et des articles d’avocats arguant de l’illégalité de tout maintien en détention des deux hommes. Le livre est précédé d’un long entretien avec Abassi Madani qui a été réalisé, selon la présentation qui en est faite, au mois de mai dernier. Le président de l’ex-FIS n’a donc pas attendu sa libération pour s’exprimer et dénoncer un procès inique et un pouvoir qu’il accuse de tout faire pour empêcher le peuple algérien d’exercer son libre choix. L’entretien ne donne aucune indication sur les intentions futures de Abassi Madani mais il est constitué d’une sorte de réflexion sur le statut de «détenu politique». Il affirme que les conditions de détention sont devenues pénibles après leur jugement et qu’on leur a imposé des vêtements carcéraux avec usage de «bastonnade» et qu’on leur a rasé la barbe de force. Les conditions de détention se sont améliorées avec la période Zeroual. Abassi Madani fait une comparaison entre ses différentes détentions et constate que «la conduite de l’administration carcérale de l’ère coloniale était moins rude du fait que cette phase coïncidait alors avec la période de ma jeunesse, alors que celle de l’Algérie indépendante vient à l’automne de ma vie, en sus des séquelles aussi bien physiques que morales héritées de l’ère coloniale». Il raconte que le seul véritable dialogue avec le pouvoir s’est déroulé du temps de Zeroual mais, ajoute-t-il, «il était clair que ce dernier ne tenait pas en mains les véritables rênes du pouvoir de décision. Nous sommes arrivés à cette conclusion après avoir découvert que le décideur effectif n’était ni désireux ni sérieux quant à trouver une solution à la crise avant que celle-ci ne dégénère». Les choses, indique-t-il, sont restées bloquées jusqu’à l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika avec sa promesse d’une solution politique, «engagement sur la base duquel nous l’avions soutenu». Mais, ajoute-t-il, «une fois que cette revendication s’est trouvée légitimée par le biais du referendum, cette promesse s’est transformée en une solution sécuritaire, qui n’a contribué qu’à éterniser la crise. Le «sécuritaire» a pris alors la place de la solution politique, la seule pourtant capable de mettre fin à cette crise et de façon globale». Abassi Madani reste clément à l’égard de Madani Mezrag et de l’AIS qui, dit-il, «il faut convenir que ces derniers ne sauraient être tenus pour responsables du non-respect du pouvoir de ses propres engagements ni de la responsabilité concernant la solution politique à la crise...». Qualifiant ceux qui demandent la prolongation de sa détention et de celle de Benhadj de «dégénérés» de l’esprit, Madani s’est dit assumer sa «responsabilité pour la défense de notre peuple par les voies légitimes». M.Saâdoune
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www.algeria-watch.org
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