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Un gêneur onusien non grata à Alger L'affaire fait grand bruit dans les milieux onusiens, même si le principal intéressé refuse d'en souffler mot. Ce n'est pas tous les jours, en effet, que le responsable d'une agence de l'ONU est déclaré persona non grata. C'est pourtant ce qui est arrivé à Paolo Lemba, représentant à Alger du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement). Il y a un peu plus d'une semaine, l'ambassadeur d'Algérie à New York a demandé son rappel, arguant de son attitude pendant le séisme qui a dévasté l'Algérois le 21 mai. En réalité, la mobilisation du Pnud et de son directeur semble avoir irrité les autorités algériennes. Comme si leur inertie des premiers jours s'accommodait mal de la création quasi immédiate par le représentant onusien d'une cellule de crise destinée à étudier les moyens d'aider les sinistrés, ou du déploiement sur le terrain de neuf experts internationaux chargés d'évaluer les besoins et de coordonner l'assistance internationale en fonction des priorités. Ou de la mobilisation de fortes sommes d'argent pour parer au plus urgent. La répulsion d'Alger à tolérer des témoins de son incurie surtout s'ils appartiennent à des organisations internationales a évidemment pesé dans la volonté de se débarrasser de Lemba. Mais il est difficile de réduire cette affaire à un mouvement d'humeur lié au seul séisme. En Algérie, le Pnud était engagé dans des projets très importants, concernant notamment l'informatisation et la modernisation du Parlement et de la Justice. Un secteur qui touche aussi au domaine ultrasensible qu'est la corruption et ne fait pas bon ménage avec trop de dynamisme et d'efficacité. --------------------------------------- Représentation de l’ONU à Alger L’Algérie demande le départ de Paolo Lembo El Watan, 26 juin 2003 Le gouvernement algérien a demandé le départ du coordinateur résident des programmes des Nations unies à Alger, M. Paolo Lembo. La réponse du secrétaire général de l’ONU n’a pas encore été donnée, mais tout porte à croire que l’ambassadeur onusien, le plus prolixe en déclarations publiques, ne terminera pas le mois de juin à Alger. Selon des sources diplomatiques, l’Algérie par la voix de son ambassadeur à l’ONU, M. Baâli, a demandé officiellement, dans une lettre adressée le 16 juin dernier, au secrétaire général, Kofi Annan, de rappeler son représentant permanent à Alger. Une information confirmée de source officielle auprès des Affaires étrangères, mais sans aller dans le détail des motivations. En effet, contactés, ni le ministère des Affaires étrangères, ni notre ambassadeur auprès de l’ONU n’ont voulu s’exprimer sur les raisons de cette demande. Même réaction de M. Paolo Lembo qui a promis de se prononcer sur la question dans les tout prochains jours. Néanmoins, des sources proches du département de Abdelaziz Belkhadem, ont affirmé que la demande du départ du coordinateur des programmes des Nations unis par Alger «a été faite sur la base d’un dossier bien ficelé par le ministère des Affaires étrangères portant sur la violation de l’obligation de réserve par l’ambassadeur onusien à travers ses déclarations publiques rapportées souvent par la presse algérienne». Il semble que le franc-parler de Paolo Lembo sur des sujets liés à la politique interne du pays est la principale cause de l’irritation du gouvernement algérien au point de saisir par courrier le secrétariat général de l’ONU. «La goutte d’eau qui fait déborder le vase a été son implication directe dans la gestion des secours et des dons après le séisme du 21 mai dernier, alors que toutes les aides arrivées en Algérie ont été dégagées dans le cadre des relations bilatérales et non par le biais de l’ONU. Le représentant onusien n’a pas respecté son statut de diplomate…», ont révélé nos interlocuteurs. Ainsi, à peine 18 mois après sa désignation (septembre 2001) par Kofi Annan, en tant que coordinateur résident des programmes d’une douzaine d’agences onusiennes à Alger, Paolo Lembo se trouve obligé de quitter précipitamment l’Algérie, un pays qu’il a visité en long et en large en moins de 18 mois. Il avait été installé à ce poste après une vacance de 13 ans «pour des raisons techniques», a-t-il déclaré un jour. Par Salima Tlemçani
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www.algeria-watch.org
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