Farouk Ksentini à propos de l’enquête indépendante de l’ONU sur l’attentat d’Alger :

Une volonté sournoise d’humilier l’Algérie

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 28 janvier 2008

L’enquête indépendante que Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies voulait recommander suite à l’attentat perpétré contre le siège de l’organisation onusienne à Alger «veut seulement humilier l’Algérie». Si une enquête propre à l’ONU venait à être effectuée dans notre pays pour un attentat commis par des terroristes, cela «signifierait que réellement l’ONU doute des auteurs et des commanditaires des attentats».

C’est l’explication que Me Farouk Ksentini a donnée à cette volonté de l’ONU de mener une enquête indépendante sur l’attentat de 11 décembre dernier, qui avait fait 18 victimes parmi les fonctionnaires de l’organisation onusienne à Alger.

«C’est donc l’Etat qui pourrait être l’auteur de cet attentat !», s’est exclamé l’avocat, avant d’ajouter : «Sinon, pourquoi une enquête ? De la seule volonté de la mener surgit, malheureusement, la fameuse polémique du «qui tue qui?» Le président de la Commission nationale consultative et de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), invité hier de l’émission «En tout franchise» de la Chaîne III, a opposé un non catégorique à la volonté de Ban-Ki-moon de mener une enquête.

Selon Me Farouk Ksentini, le secrétaire général de l’ONU commence de sérieuses réflexions suite à la virulente riposte du gouvernement algérien. Me Farouk Ksentini laisse même entendre que l’enquête pourrait ne pas avoir lieu, au regard de la position ferme et claire de notre gouvernement sur le sujet.

«Actuellement, le secrétaire général de l’ONU serait mieux inspiré de la réalité de la situation», a-t-il souligné. De l’avis de l’invité de la Chaîne III, si l’ONU effectuait son enquête, c’est tout l’Etat algérien qui serait mis en question.

Il s’agit, ajoute-t-il, d’une atteinte non seulement au gouvernement, mais aussi aux victimes de cette tragédie. «Pourquoi la nécessité de mener une enquête sur cet attentant par l’ONU, si ce n’est pour humilier l’Algérie ?», a-t-il conclu.

Harraga et cherté de la vie dans le rapport remis au président Bouteflika L’invité de la radio s’est également longuement étalé sur son rapport annuel qu’il a récemment présenté au président de la République. Dans ce rapport, il soulève le problème de la cherté de la vie sans recommandations spécifiques à l’adresse du premier magistrat du pays.

Mais, dans ce rapport, la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme s’étale longuement sur cette question pour d’éventuelles solutions à apporter aux préoccupations des citoyens. Ce même document parle également de «tensions» au niveau des travailleurs.

L’invité de la radio a, par ailleurs, saisi l’occasion de cette émission pour démentir catégoriquement les assertions selon lesquelles il aurait parlé d’explosion sociale. «J’ai seulement parlé de tension qui pourrait dégénérer si elle n’était pas prise en charge en temps opportun», a-t-il dit.

Le problème des harraga, la lenteur dans le système de la justice et certaines entraves aux droits sociaux font également partie des grandes lignes traitées par ledit rapport. Il s’agit, selon l’entendement du président de la CNCPPDH, de problèmes importants qu’ils convient de traiter avec rigueur et diligence.

N. O;.

   
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