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Les défenseurs des droits de l’Homme mis en accusation !Collectif des familles de disparu(e)s, 30 octobre 2007 Mohamed Smain, membre du comité directeur de la Ligue Algérienne des droits de l’Homme, chargé du dossier des disparus, a été condamné samedi 27 octobre à deux mois de prison ferme, 5000 dinars d’amende et 10 000 dinars de dommages et intérêts à verser à chacun des neuf plaignants. Ce procès l’oppose aux miliciens de Relizane (Ouest algérien) et à leur chef Fergane. En février 2001, Mohamed Smain avait alerté la presse algérienne de la découverte et de l’exhumation d’un charnier à Relizane qui révélait les traces de personnes disparues suite à leur arrestation par la milice de Fergane. Les miliciens ont déposé plainte « pour diffamation, outrage et dénonciation de crimes imaginaires ». Depuis lors, les poursuites judiciaires se sont enchaînées. Mohamed Smain a été condamné par le tribunal de Relizane en janvier 2002 à deux mois de prison ferme, 5000 dinars d’amende et 10 000 dinars de dommages et intérêts à verser à chacun des 9 plaignants. Il a fait appel de cette décision mais la Cour de Relizane n’a fait que durcir le verdict précédent pour le condamner à un an de prison et 210 000 dinars d’amende en février 2002. M. Smain s’est pourvu en cassation et la Cour suprême a renvoyé l’affaire devant la même Cour de Relizane qui vient de le condamner de nouveau. Mohamed Smain n’est de plus pas le seul défenseur des droits de l’Homme à subir le harcèlement des autorités. En effet, Amine Sidhoum devra comparaître le 25 novembre prochain devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger dans une affaire l’accusant « d’avoir jeté le discrédit sur une décision de justice et d’outrage à corps constitué ». Il encourt une peine de 3 à 12 mois de prison ferme et une amende comprise entre 50 000 à 250 000 dinars. Ces procès sont représentatifs du harcèlement subi par les défenseurs des droits de l’Homme en Algérie mais aussi de l’impunité qui y règne pour ceux qui ont commis des crimes et des violations graves des droits de l’Homme. Aujourd’hui, c’est une mère de disparu de Jijel qui devra se présenter devant le tribunal pour avoir simplement « héberger un étranger sans en avoir demander l’autorisation ». Cet étranger est un membre du CFDA venu à Jijel pour rencontrer des familles de disparu(e)s. Condamnée en violation du principe de la légalité des délits et des peines, Madame Bourefis a fait appel de cette décision pour que justice soit faite et que les faibles cessent d’être opprimés. Le CFDA condamne fermement ces manœuvres dirigées contre les défenseurs des droits de l’Homme et exhorte la justice algérienne à remplir son rôle en jugeant les véritables auteurs de crimes d’enlèvements et de disparitions forcées. Paris, le 30 octobre 2007 P/le CFDA Nassera Dutour -porte-parole |
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www.algeria-watch.org
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