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À l’initiative
de la LADDH
Campagne
internationale pour la levée de l’état d’urgence
Par
Arab Chih, Liberté, 14 mars 2004
Les initiateurs considèrent qu’une élection présidentielle
ne peut pas se tenir alors que l’état d’urgence est
toujours en vigueur.
La ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme
(Laddh) d’Ali Yahia Abdenour a fait de la levée de l’état
d’urgence presque un point d’honneur. Elle a rendu publique,
hier, une déclaration exigeant sa “levée immédiate” qu’elle
a présentée comme une “condition indispensable pour
que le peuple algérien puisse enfin reconquérir l’espace
public, rétablir la vérité et la justice sur toutes
les violations des droits de l’Homme et disposer de son droit de
choisir ses gouvernants en toute liberté”. Cette déclaration
est signée par le prix Nobel de la paix 2003, l’iranienne
Shirin Ebadi et une quarantaine d’organisations de défense
des droits de l’Homme d’Europe, du monde arabe, d’Afrique,
d’Asie et d’Amérique, à l’image de la
Fédération internationale des droits de l’Homme (Fidh),
la Ligue française des droits de l’Homme, l’Association
européenne des droits de l’Homme, la ligue tunisienne pour
la défense des droits de l’Homme, l’Organisation marocaine
des droits de l’Homme.
La déclaration est une résolution sur l’Algérie
adoptée par le congrès de la Fidh, tenu du 1er au 6 mars
2004, à Quito en Équateur.
“
En plus de son caractère anticonstitutionnel, cet état
d’urgence sert d’alibi juridique pour la couverture des commanditaires
des disparitions forcées et pour la confiscation de toutes les
libertés”, est-il noté dans la déclaration.
La Laddh conçoit mal qu’une élection présidentielle
se tienne alors que cette mesure d’exception est toujours en vigueur.
Bien plus, elle estime que “cette situation d’état
d’urgence ne pourra en aucun cas garantir un processus électoral
libre et transparent”. Outre la presse nationale, des ONG, comme
Amnesty International, NDI, la fondation Frederich-Ebert, sont destinataires
de ce document.
Pour rappel, la ligue d’Ali Yahia Abdenour avait initié,
en juin 2003, une campagne nationale pour la levée de l’état
d’urgence et lancé, en novembre 2003 sur cette question,
une pétition nationale.
Cette revendication est partagée par bon nombre d’acteurs
politiques. Et si le général de corps d’armée,
Mohamed Lamari, ne voit aucun inconvénient à la levée
de l’état d’urgence, ce n’est pas le cas du
président de la république, Abdelaziz Bouteflika, du chef
du gouvernement, Ahmed Ouyahia, et du ministre d’État, ministre
de l’intérieur et des collectivités locales, Nouredine
Yazid Zerhouni, qui y ont toujours opposé un niet catégorique.
Pour eux, cette mesure ne gêne aucunement l’activité politique.
Or, depuis 2001, aucune manifestation de rue n’est organisée
dans la capitale.
A. C.
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