Collectif des familles de disparu(e)s

Saisine de la procédure d’urgence du Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires de l’ONU

15 mai 2007

Madame, Monsieur, cher(e )s collègues,

Fethi Hamaddouche, âgé de 24 ans, est sorti du domicile familial à Mostaganem le 2 mars et est disparu à ce jour. Le 5 mars à 10h30, les agents du Département de la Sûreté et du Renseignements (DRS) ont envahi son domicile. Venus très nombreux, véhiculés et lourdement armés ces agents prétendaient rechercher Fethi. Ils ont été très menaçants et virulents envers toute la famille. Ne trouvant pas Fethi, ils ont embarqué son frère Samir par la force. Ils l‘ont roué de coups, parce qu’il avait osé demander si ils avaient un mandat de perquisition et un mandat d’arrêt, puis ils lui ont recouvert le visage avec son pull et l’ont emmené jusqu’à la caserne du quartier appelé « le Plateau ». Samir a été jeté dans une cellule et quelques minutes après, les agents ont amené Fethi devant lui en lui demandant s’il le connaissait. Samir a rétorqué qu’il le connaissait puisque c’était son frère. Après quoi, ils l’ont refrappé violemment devant son frère Fethi. Samir a été relâché le soir même vers 21 heures.

Fethi, quant à lui, portait déjà les stigmates des coups que les agents lui avaient assénés, le visage enflé et les yeux au beurre noir.

Touati Hamreras qui a été lui aussi arrêté le 5 mars à Mostaganem et qui se trouve aujourd’hui à la prison de Serkadji affirme avoir été transféré avec Fethi de Mostaganem à Alger le 7 mars 2007 dans une caserne du DRS. Il y a laissé Fethi Hamaddouche vivant mais depuis aucune nouvelle de Fethi n’a pu être obtenue.

Le CFDA, SOS Disparu(e)s et la famille Hamaddouche craignent pour la vie et l’intégrité physique et morale de Fethi Hamaddouche privé de sa liberté et de ses droits les plus élémentaires à connaître les motifs de sa détention et à bénéficier de l’assistance d’un avocat et s’inquiète du sort qui lui est réservé.

C’est pourquoi, le CFDA et SOS Disparus demandent au Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires de l’ONU (GTDF) et à toutes les instances onusiennes de se mettre rapidement en contact avec les autorités algériennes pour qu’elles donnent des informations sur le sort de Fethi Hamaddouche et qu’elles le remettent sous la protection de la loi. Nous prions également toutes les ONG de défense des droits de l’Homme de bien vouloir lancer un appel urgent au sujet de la disparition de Fethi Hamaddouche.

Paris, le 15 mai 2007

P/Le Collectif des Familles de Disparu(e )s en Algérie
Nassera Dutour
Porte-parole

   
www.algeria-watch.org