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RASSEMBLEMENT DES FAMILLES DES DISPARUS
«
Nous voulons une enquête internationale»
L'Expression,
27janvier 2004 Toutes les instances
nationales et internationales ont été également
saisies.
Après la mise sur pied du Comité national de coordination
des familles des disparus, des dizaines de familles, venues de différents
coins du pays, ont procédé, dans la journée d’hier, à la
première manifestation de rue qui a eu lieu devant le ministère
de la Justice. Pendant une demi-journée, ces familles n’ont
pas cessé de crier haut et fort leur chagrin et dénoncer
les autorités du pays «qui sont derrière la disparition
forcée de nos fils», crie une mère. «Notre
dossier subit une situation de stagnation et de négligence au
niveau des institutions algériennes. Les responsables doivent
reconnaître leur responsabilité dans cette affaire, ils
doivent également prendre en charge d’une façon effective
les familles de ces milliers de disparus», lance une veuve éplorée.
Il faut dire, par ailleurs, que ces familles rejettent catégoriquement
le mécanisme ad hoc mis en place par le premier magistrat du pays.
Après donc plus de dix années de silence et de négligence,
les responsables tentent, par cette initiative de mettre fin aux spéculations,
mais aussi de répondre à l’insistance de certaines
ONG nationales et internationales.
Toutefois, ces familles concernées par cette question, ne cessent
de tirer à boulets rouges sur les meneurs de cette politique,
qui, selon les membres du Comité, rencontrés sur les lieux
du rassemblement, «n’est qu’une façon de canaliser
le courroux des familles et mettre le voile sur un véritable crime
d’Etat».
Il semble, d’après les propos de ces délégués,
qu’ils ont épuisé tous les recours sur le plan judiciaire.
Toutes les instances nationales et internationales ont été également
saisies. «Nous avons même interpellé l’Observatoire
international des droits de l’Homme, car nous mettons en doute
la volonté des responsables algériens à solutionner
ce dossier. Les Américains sont venus, en effet, nous voir et
nous proposer leur aide. On a longuement débattu de la question
des disparitions forcées», a-t-on ajouté.
Les protestataires ont tenu à interpeller, pour la énième
fois, le premier responsable du pays afin qu’il s’occupe
concrètement de leurs dossiers, faute de quoi, une commission
internationale sera réclamée.
Ali TITOUCHE
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