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Ksentini dévoile les grandes lignes du rapport sur les disparus remis au président de la République « L’Etat doit dire la vérité» par Sihem H. , Le Jeune Indépendant, 12 mai 2004 La proposition de contraindre l’Etat à dire la vérité aux familles des disparus, concernant les conditions ayant entraîné ce drame national engendré par les années de terrorisme, est actuellement sur le bureau du président de la République. Cette idée ressort essentiellement dans le rapport d’étape remis il y a quelques jours par M. Farouk Ksentini au chef de l’Etat. Dans une déclaration, hier, au Jeune Indépendant, le président du mécanisme ad hoc, chargé de solutionner l’épineux problème des disparus, a levé le voile sur le contenu de ce rapport qui contribuera inéluctablement à «identifier les cas d’allégation des cas de disparus». La solution de ce problème doit commencer par lever tous les quiproquos. La priorité est accordée à la clarification de la situation simplement en disant la vérité. «L’Etat doit dire officiellement et définitivement ce qu’il en est exactement. Les parents des disparus ont droit à la vérité», martèle-t-il. Rejetant la thèse des détenus dans la clandestinité prônée par certains représentants de la société civile, M. Ksentini affirme qu’il est indispensable de mettre un terme aux différentes spéculations auxquelles est sujet ce dossier. Il invite, dans ce même sillage, les familles des disparus à se présenter devant la justice pour intenter un procès et enclencher une procédure judiciaire. Ce qui de son avis constituera une nouvelle pièce du puzzle. D’ailleurs, situer les responsabilités, désinculper les institutions de l’Etat et entamer des procédures judiciaires à l’encontre des auteurs, sont les principaux axes autour desquels s’articule ce rapport d’étape. Le rapport en question comporte trois recommandations principales dont la mise en œuvre s’avère inévitable pour «trouver une solution définitive à ce drame national». «Les institutions ne sont pas coupables» L’air impassible, M. Ksentini met en exergue le constat établi dans ce rapport selon lequel «les disparitions ne sont pas le fait des institutions». C’est-à-dire, explique-t-il, l’ANP, la gendarmerie et la police ne sont pas «responsables de ces dépassements». «Les institutions n’ont pas combattu le terrorisme par le terrorisme. Il n’y a pas eu de contre-terrorisme en Algérie. Ce fléau a été combattu d’une manière loyale», a-t-il affirmé. Toutefois, il ne manque pas de soulever que des dépassements, à l’origine de ces disparitions, ont été commis par des agents de l’Etat «ayant désobéi à leurs supérieurs en agissant illégalement» «Il faut identifier ces agents et leur intenter des procès pour infraction», dit-il. Tout en reconnaissant que cette étape est «appréhendée», notre interlocuteur estime qu’elle est aussi compliquée que nécessaire, puisqu’elle signifie que «80 % du problème est résolu». Le troisième axe consiste, selon M. Ksentini, en la réhabilitation de la mémoire des disparus. Se faisant plus clair, il juge important de corriger les idées acquises voulant que le disparu est automatiquement un terroriste. «Cela n’est pas le cas et cela n’a jamais été prouvé». «Le premier disparu de 1992 à 1998 était ... l’Etat» En se référant à la loi fondamentale du pays qui énonce que l’une des responsabilités de l’Etat est d’assurer la sécurité des citoyens, le président du mécanisme ad hoc avoue que l’existence des disparus signifie que l’Etat a failli à cette mission. Une raison pour laquelle, ajoute-t-il, l’Etat doit indemniser les familles des disparus ayant subi un préjudice moral et matériel. Il appartiendra ensuite à ces familles d’accepter ou non cette aide. Plus loin, il reconnait que les disparus sont scindés en deux catégories. La première pour des disparitions provoquées par des agents de l’Etat et la seconde pour des disparitions du fait du terrorisme. Les familles de cette dernière catégorie ont demandé le recours à des procédés modernes tels que l’examen de l’ADN pour identifier les leurs. Une prestation justifiée et à encourager de l’avis de M. Ksentini, puisque «ces disparus sont pour la plupart enterrés sous X». Comme pour donner une explication à ce drame, le président du mécanisme ad hoc avoue que dans les différentes étapes ayant conduit à ce rapport, il ressortait de plus en plus que le premier disparu entre 1992 et 1998 était l’Etat. «L’Etat était ébranlé par le terrorisme et une période de chaos s’en est suivie.» Le rapport final de ce mécanisme ad hoc installé le 20 septembre 2003 par le président de la République sera remis au président de la République dans 8 mois, selon M. Ksentini. Aussi, pour clore
définitivement le dossier des disparus, on
parle d’ores et déjà de la mise en œuvre, par
le président de la République, de mesures destinées à être
incluses dans la politique de réconciliation nationale. S. H.
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www.algeria-watch.org
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