La jeunesse algérienne persécutée …

Collectif des Familles de Disparus en Algérie, 14 août 2007

Le CFDA s’indigne de la recrudescence de la pratique de la disparition forcée en Algérie. Après Fethi Hamadouche et Mohamed Fatmia, disparus respectivement le 5 mars 2007 et le 6 juin 2007, suite à leur arrestation par des agents du DRS, une troisième personne, Mohamed Rahmouni, est arrêté et disparaît dans les mêmes conditions.

Le matin du 18 juillet 2007, Mohamed Rahmouni attend le bus de 7 h 30 à Bourouba (Alger), pour se rendre au travail, quand il est arrêté par des agents des forces de l’ordre en présence de nombreux témoins. Les trois agents qui procèdent à l’arrestation l’interpellent par son surnom, Samir, présentent leurs papiers officiels et lui ordonnent de les suivre. Six jours plus tard, le 24 juillet, quatre agents, en civil et armés, procèdent à une perquisition du domicile des Rahmouni. Le 29 juillet, onze jours après l’arrestation, les mêmes agents se présentent de nouveau au domicile. Ils exigent du frère et du cousin de Mohamed, Ali et Fatah, d’écrire une déclaration selon laquelle, lors de la perquisition, les agents ont trouvé les clefs d’une Mercedes et d’un camion de marque JAC. Or la famille ne possède aucun de ces deux véhicules.

Plus de trois semaines après l’arrestation de Mohamed, sa famille ne dispose d’aucune information sur les raisons de son arrestation, ni sur son lieu de détention. Toutes les démarches entreprises dans ce sens sont restées vaines. La mère de Samir décide de porter plainte auprès du Procureur général du tribunal d’Hussein Dey. Celui-ci l’invite alors à s’adresser au commissariat de Bourouba où l’officier de police refuse d’enregistrer la plainte, décrétant que Mohamed était au maquis.

Une nouvelle fois, les autorités algériennes agissent en violation flagrante des règles protectrices de la liberté et de la sécurité des personnes, pourtant inscrites dans la législation nationale. Au moment où, dans ses rapports remis aux organismes internationaux de protection des droits de l’Homme, le gouvernement algérien s’efforce de démontrer qu’il respecte les traités qu’il a ratifiés, force est de constater que les violations graves des droits les plus élémentaires, émanant des autorités algériennes elles- mêmes, se multiplient.

Le CFDA s’inquiète vivement du sort des personnes ainsi soustraites à la protection de la loi. Outre le déni du droit à la liberté et du droit à la justice, l’expérience a démontré à maintes reprises que de telles situations sont à l’origine d’autres atteintes aux droits fondamentaux tels que le droit à la vie et le droit à la protection contre les traitements inhumains et dégradants.

Le CFDA et SOS Disparu(e)s exigent des autorités algériennes qu’elles remettent Mohamed Rahmouni sous la protection de la loi, qu’il soit jugé ou qu’il soit libéré, et que cesse toute pratique de disparition forcée sur le territoire algérien afin que soient respectés les droits fondamentaux dont doivent disposer les citoyens algériens.

Paris, le 14 août 2007

P/Le Collectif des Familles de Disparus en Algérie

Nassera Dutour

Porte-parole

   
www.algeria-watch.org