Elle avait été saisie en avril dernier pour qu'elle fournisse les photos des enterrés sous X

Me Ksentini : la DGSN ne nous a toujours pas répondu

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 29 juin 2005

La demande de Me Farouk Ksentini, adressée depuis deux mois déjà à la DGSN pour mettre à la disposition de son institution les photos des personnes enterrées sous X, reste pour le moment sans suite. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) n’a toujours pas donné suite à la demande du président du mécanisme ad-hoc chargé de la question des disparus quant à sa requête relative à l’accès aux dossiers des enterrés sous X. Me Farouk Ksentini avait saisi, le 13 avril dernier, la DGSN pour lui demander des explications sur les dossiers élaborés par ses services contenant, au moins, des photos des personnes enterrées sous X. «J’ai saisi cette institution en avril dernier et je suis toujours sans réponse», a déclaré, hier au Jeune Indépendant, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH).

Me Ksentini ne se voue pas pour autant vaincu et compte renouveler sa démarche, une fois de plus, au courant de cette semaine pour une éventuelle action commune avec la DGSN. «Je suis favorable à tout ce qui pourra faire la lumière sur les dossiers des disparus le plus vite possible.

Dans quelques jours j’adresserai une autre demande à la DGSN», a indiqué le président de la CNCPPDH. Le nouveau procédé que compte mettre en œuvre Me Farouk Ksentini facilitera, selon lui, l’identification des 3 300 enterrés sous X, depuis 1992.

Même si certaines photos pourraient être méconnaissables, cette démarche demeure la plus accessible et la moins coûteuse par rapport à celle déjà préconisée, à savoir le test ADN. Justement, les lenteurs dans l’identification par l’ADN des restes de disparus sont dû à l’indisponibilité de ce procédé dans notre pays.

A ce titre, Me Farouk Ksentini avait, à maintes reprises, appelé les familles des disparus à faire preuve de patience, puisqu’il s’agit d’une démarche coûteuse. Par contre, si la DGSN ou la Gendarmerie nationales mettent à la disposition du mécanisme ad-hoc les photos des enterrés sous X, l’indentification de ces disparus connaîtra une cadence plus rapide.

«Ce moyen d’identification nous permettra de faire avancer les choses», avait déclaré Me Ksentini au Jeune Indépendant en avril dernier. Comment ces institutions peuvent-elles aider ce mécanisme à faciliter la procédure d’identification ? Avant l’enterrement, les institutions de l’Etat, particulièrement la Sûreté et la Gendarmerie nationales, à défaut d’une autopsie avancée, élaborent un dossier qui contient, notamment une photo du défunt.

Ce qu’ignorait le président de la CNCPPDH. Un détail important, mais qui, apparemment, n’a jusqu’à ce jour pas été communiqué au mécanisme présidé par Me Ksentini. Est-il donc possible de comparer les photos disponibles chez ces institutions à celles présentées par les familles des disparus.

Notre interlocuteur souhaite cela, mais, selon lui, le président Bouteflika doit également trancher cette question. «Le dernier mot revient au président de la République», nous avait-il expliqué. Rappelons que la Gendarmerie nationale s’est déjà prononcée sur cette question en affirmant que tout acte élaboré par ses services est systématiquement sanctionné par un procès-verbal transmis au procureur de la République territorialement compétent.

N. O.

   
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