L’AFFAIRE DES DISPARUS ENTRE LES MAINS DE LA JUSTICE FRANÇAISE

Deux anciens «patriotes» algériens interpellés en France

Le Quotidien d'Oran, 1 avril 2004

Deux personnes, âgées de 35 et 40 ans, présumées avoir appartenu à des groupes de patriotes ayant activé dans la région de Relizane, ont été mises en examen mardi à Nîmes, dans le sud de la France, pour «actes de barbarie», a indiqué une source judiciaire française. Les deux hommes sont employés comme agents de sécurité dans une société à Nîmes où ils résident depuis environ 5 ans. Les deux mis en cause, deux frères, un Français d’origine algérienne et un Algérien, ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire, selon la même source. Les deux frères sont soupçonnés d’avoir participé à des rafles et des exactions entre 1994 et 1997, dans la région de Relizane.

Une accusation réfutée en bloc par les deux mis en cause qui nient toute implication dans les faits qui leur sont reprochés.

La mise sous contrôle judiciaire des deux frères, intervient à la suite d’un dépôt de plainte de la part de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LIDH). Les accusations portées contre les deux hommes, intervient notamment, après les dernières déclarations faites par la ligue des droits de l’homme de Ali Yahia Abdenour et de la famille d’un disparu, au sujet de la découverte des restes d’une personne et de l’existence d’un charnier dans la région de Relizane. Des informations qui avaient conduit le parquet territorialement compétent à ouvrir une information judiciaire. La ligue, notamment, par la voix de son responsable régional, soutenue par des familles de disparus, avait accusé le groupe de Hadj Fergane d’être à l’origine de ces disparitions. Des accusations rejetées par l’ancien DEC de Relizane. Dans la wilaya de Relizane, l’une des régions les plus touchées par les actes terroristes, de nombreux citoyens avaient décidé, durant les années allant de 94 à 99, à prendre les armes et à rejoindre les groupes de patriotes et les GLD. Les familles de disparus, soutenues par des organisations des droits de l’homme, continuent d’appeler à l’ouverture d’une enquête sur les disparus. C’est la première fois que les autorités judiciaires françaises procèdent à l’interpellation de présumés patriotes ou membres de GLD, pour des actes supposés avoir été perpétrés sur le sol algérien. Une première qui devrait, à ne pas en douter, relancer la polémique sur cette question.

Djamel B.

 

   
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