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HIER A LA RADIO CHAINE III Ksentini s'en prend aux associations des familles des disparus Le Quotidien d'Oran, 21 novembre 2004 Le comité ad hoc chargé de la question des disparus, installé en septembre 2003, «remettra son rapport final en mars 2005 au président de la République», a déclaré hier Me Farouk Ksentini, président de ce comité et de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l'homme (CNCPPDH). «L'invité de la rédaction», une émission matinale de la chaîne III, n'a pas donné de détails sur les éléments du rapport qui sera remis au chef de l'Etat, mais a d'ores et déjà tranché sur la question des responsabilités dans les disparitions impliquant des éléments des services de sécurité. Pour lui, «les dépassements ne sont en aucun cas imputables aux institutions de l'Etat (Police, Gendarmerie et ANP, ndlr) mais à des individus isolés». Dans sa réponse concernant la question des «indemnisations», Me Ksentini a chargé, sans les citer, les associations des familles des disparus (SOS Disparus et ANFD, ndlr), affirmant que ces organisations «prétendument représentatives de ces familles sont à l'origine du blocage de ce dossier». Pour lui, «les familles ne sont pas contre cette mesure» que le président de la CNCPPDH considère comme «une aide sociale de la part de l'Etat». Sans autres précisions, le président de la CNCPPDH a évoqué la nécessité de «réhabiliter les disparus» avant de clore ce dossier. A propos du projet d'amnistie générale, Me Ksentini estime que c'est une «bonne chose» à condition que soient exclus de cette mesure «ceux qui ont été condamnés dans des affaires de droit commun». Invité à commenter les propos de Me Ksentini, Me Amine Sidhoum, un des avocats des familles de disparus, réfute catégoriquement la thèse des «actes isolés». Selon lui, il s'agissait d'une «politique planifiée» qui entrait dans le cadre de «la peur doit changer de camp lancée par Rédha Malek alors chef de gouvernement». Me Sidhoum estime que les «7.200 disparitions ne peuvent être que des actes encouragés par les hiérarchies respectives des éléments des services de sécurité». «Ces derniers, dit-il, ne se déplacent pas en grands renforts pour arrêter quelqu'un chez lui ou dans son lieu de travail sans un ordre émanant de leurs supérieurs». «S'ils existent, ajoute notre interlocuteur, les actes isolés ne représentent qu'une infime partie dans le lot des milliers de disparus». Pour ce qui concerne les indemnités, Me Sidhoum invite Me Ksentini à «donner les listes des familles qui acceptent d'être dédommagées pour la disparition de leurs proches». «La majorité, dit-il, refuse d'être indemnisée sans connaître le sort des disparus». «De toute façon, précise-t-il, l'indemnisation n'est pas une aumône mais un droit qui ne peut être attribué que si est mené et accompli un processus de vérité et de justice». Amine Sidhoum conclut en déclarant que «l'Etat et Me Ksentini se trompent s'ils pensent que les familles, y compris celles qui ont accepté de prendre l'argent par nécessité, vont céder sur leur droit de connaître officiellement les circonstances de l'arrestation, les auteurs et le sort des disparus». Mohamed Mehdi
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www.algeria-watch.org
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