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DISPARUS
Ksentini
refuse de recevoir l’Anfd
L'Expression,
22 août 2004
Jamais auparavant, les relations entre les associations des disparus
et la Commission nationale participative de promotion et de protection
des droits de l’Homme (Cnppdh) que préside Farouk Ksentini,
n’ont atteint un tel degré de détérioration.
Dans un communiqué adressé hier à notre rédaction,
l’Association nationale des familles des disparus (Anfd) dénonce «vertement» le
refus qu’avait essuyé les membres d’une délégation
de l’Anfd de la part de Farouk Ksentini, alors qu’ils se
dépêchaient pour rencontrer ce dernier, au lendemain du
conseil national de l’association qui s’est tenu le 5 août.
Le président de la Cnppdh, lit-on, dans la missive, s’est
opposé à une rencontre que la délégation
lui avait demandés pour des «éclaircissements» sur
les «déclarations publiques, contradictoires du président
de la Cnppdh, au sujet des personnes disparues interpellées par
les corps constitués de l’Etat», en arguant le motif
que les intéressés n’étaient pas reconnus
par la loi alors que les rédacteurs de la lettre, rappellent que
l’association n’a fait l’objet, depuis 1998, date de
sa création, d’un quelconque refus de la part d’une
institution de l’Etat.
En tout cas, si refus il y a, les responsables de l’Anfd, le considèrent
comme étant une attitude «pleine de zèle» qui
participe à des «pressions», voire des «menaces» exercées
sur les membres, les plus actifs qu’ils soient, de l’entité ,
pour, précise, encore, le communiqué, qu’ils «renoncent» au
combat pour la vérité.
Après donc une brève accalmie qui a tout l’air d’être
un repli stratégique, les associations des familles des disparus
n’entendent pas, pour le moins, baisser les bras face à l’instance
publique chargée de la question. Surtout que, dans sa récente
sortie au forum d’El Moudjahid, médiatique, Me Ksentini,
sollicité alors pour donner son avis sur les entités associatives
représentant les familles des disparus dont l’Anfd, Sos
Disparus..., avait, sans nuance, dénié à ces dernières,
le droit de s’exprimer dans un cadre légal du moment qu’aucun
agrément ne leur a été délivré par
les pouvoirs publics. La réaction de ces dernières ne s’est
pas fait attendre. Certains mouvements avaient, à ce sujet, expliqué leur
situation juridique par le refus «persistant» du ministère
de l’Intérieur de leur délivrer l’agrément
en signe de reconnaissance officielle de l’Etat.
Ainsi, sanctionnées, les associations, victimes de l’ostracisme,
continuent à lutter contre la gestion «en solo» de
l’épineux dossier des disparus, alors que leur collaboration,
en vue d’un règlement définitif de la question, est,
selon les observateurs, indispensable, tant sont nombreuses les informations
et autres témoignages qu’ils détiennent.
Amine GOUTALI
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