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PROBLÈME
DES DISPARUS / Une structure de plus
El Watan, 21 septembre
2003
La question des
personnes disparues est très complexe. Son traitement
nécessite des moyens humains et matériels appropriés.
Par le passé, plusieurs commissions ont été installées
pour faire la lumière sur ce dossier. Malheureusement, elles n'ont
abouti à aucun résultat concret. Cette fois-ci, pour
résoudre définitivement ce problème
et pour rassurer plus particulièrement les familles concernées,
qui vivent un calvaire, le président de la République,
M. Abdelaziz Bouteflika, a procédé hier à la résidence
Djenane El Mithaq à l'installation d'une commission appelée «le
mécanisme ad hoc de prise en charge de la question des disparus».
Le premier magistrat du pays a décidé de créer cette
structure sur proposition de M. Ksentini, président de la Commission
consultative nationale de la promotion et de la protection des droits
de l'homme. «Lorsque nous avons remis le rapport annuel de la commission
au président de la République, nous lui avons fait savoir
que le problème des disparus reste suspendu et que la commission
n'a rien pu faire car ses statuts ne lui permettent pas de faire un travail
d'investigation et donc nous avons proposé cette démarche»,
a soutenu M. Ksentini.
Lors de son intervention, M. Bouteflika a tenu à préciser
que le mécanisme ad hoc ne doit pas être conçu comme étant
une commission d'enquête, mais plutôt comme un centre de
gestion et une interface entre les pouvoirs publics et les familles concernées. «Ce
dossier revêt un caractère particulier, et sa dimension
humaine appelle de toute évidence une intervention de l'Etat qui
doit, plus que jamais, assumer ses responsabilités avec sérénité et
détermination et faire face à cet aspect dramatique de
la tragédie nationale», a souligné le président
de la République. Selon M. Ksentini, qui se réfère
aux sources du ministère de l'Intérieur, il existe près
de 4952 personnes disparues en Algérie. M. Ksentini ne nie pas
que ce chiffre fait toujours l'objet d'une polémique, et d'aucuns
ne peuvent aujourd'hui avancer avec certitude le nombre exact des disparus.
Le mécanisme ad hoc, d'après M. Ksentini, étudiera
cet élément et déterminera le nombre exact de personnes
disparues. Effectivement, la mission du mécanisme ad hoc portera
sur trois points : le premier est d'identifier les cas d'allégations
de disparition, et ce, sur la base de l'ensemble des informations déjà recueillies
et celles résultant, d'une part, des actions qu'il aura à mener
et à faire entreprendre par les autorités compétentes
et, d'autre part, de toutes les recherches nécessaires pour situer
les personnes déclarées disparues. Les responsables du
mécanisme peuvent recevoir tout témoignage utile et demander
tout document ou information nécessaire pour la réussite
de sa tâche. Le deuxième volet portera sur l'information
des familles des disparus des résultats des recherches effectuées
et de les informer des procédures à suivre pour le règlement
des questions juridiques et patrimoniales induites dans les différents
cas. Quant au dernier point, il concerne l'élaboration, en concertation
avec les pouvoirs publics, des mesures d'assistance et d'indemnisation
au profit des ayants droit. Par ailleurs, la commission est composée
de sept membres de la société civile et des organisations
nationales et professionnelles, à savoir le président du
Croissant-Rouge, M. Boukhroufa, un médecin M. Zahani, une journaliste,
Mme Belloula, un magistrat, M. Cheikh El Hachemi, un avocat, Me Amari
Mohamed, et un ex-parlementaire, M. Sidi Moussa, et le président
du mécanisme ad hoc n'est autre que M. Ksentini. Les travaux du
mécanisme, dont la durée de mandat est fixée à 18
mois, devront être sanctionnés par l'élaboration
d'un rapport général qui comportera les éléments
d'information, les résultats d'analyses, les mesures proposées
et enfin les recommandations jugées utiles pour le règlement
de la question.
Nabila Amir
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