Ligue Algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH)

Communiqué

Le comité ad hoc sur les disparus, sans pouvoir réel, destiné à servir de caution au pouvoir, ne laisse aucun doute sur l'inefficacité de son action, car il n'est qu'une mascarade à usage externe, pour couvrir les auteurs, les complices et surtout les commanditaires de crime contre l'humanité. Le président de ce comité ad hoc, comme un chef de train, rencontrera de nombreux serre freins, qui le feront dérailler.

Le pouvoir veut garder en vase clos le problème des disparus, pour éviter la condamnation internationale, et ne pas payer le prix politique de ses méfaits. Une fois de plus le droit n'a pas remporté une victoire sur la politique, ni la morale sur la raison d'Etat.

Le pouvoir a créé à plusieurs reprises des commissions au niveau du ministère de l'intérieur, pour soustraire le dossier des disparus à leurs familles, aux ONG internes et aux partis politiques. Contrairement aux conclusions de ces commissions, les disparus n'ont rejoint ni les maquis, ni l'étranger, ni tués dans des accrochages, mais bel et bien enlevés par les services de sécurité.

Les disparus sont actuellement vivants ou morts ?. Telle est la lancinante question. Le pouvoir connaît le sort réservé aux disparus. S'ils sont vivants il doit les libérer, ou les présenter à la justice. S'ils sont morts, il doit localiser les lieux où ils ont été enterrés, faire appel aux spécialistes de l'ADN, qui ont fait leurs preuves au Liban et en Ex Yougoslavie, pour identifier les corps, et les remettre à leurs familles, qui vivent un véritable calvaire.

Sur le plan interne une enquête auprès de l'armée surtout du DRS , de la police et de la justice, peut reconstituer la vérité sur les disparus, et permettre de retrouver leurs corps.

La création d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les disparus est nécessaire. Il faut examiner les faits qui méritent une investigation contradictoire, impartiale, pour é liminer tout doute sur les résultats qui en découleront, et faire avancer la vérité qui conditionne la justice.

L'impunité résulte d'une loi d'amnistie, de mesures de clémence, ou de la dépendance de la justice. Il faudrait bien qu'un jour la vérité sur cette zone noire de notre histoire soit faite, et que la responsabilité du pouvoir soit reconnue.

Défendre la cause des disparus, c'est défendre le droit, la vérité et la justice.

Alger le 22/0903 Abdennour Ali Yahia Président de la LADDH

 

   
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