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DISPARUS
Inquiétudes
des ONG
El
Watan, 24 août 2004
Le
bras de fer engagé entre les associations défendant
les disparus et la Commission nationale consultative pour la promotion
et la
protection des droits de l'homme (CNCPPDH) prend des allures de confrontation. Selon un communiqué parvenu hier à notre rédaction, «Slimane
Hamitouche, membre de l'Association nationale des familles de disparus
(ANFD), a fait l'objet, le 22 août dernier, d'une interpellation
au niveau du siège de la CNCPPDH par des policiers qui l'ont conduit
dans le bureau de M. Bousseta», membre de la CNCPPDH. Celui-ci,
poursuit le communiqué, «a proféré des menaces
contre deux membres du bureau de l'ANFD, Mme Fahassi, épouse du
journaliste disparu, et Mme Ighil, sœur du disparu Mohamed interpellé à l'intérieur
de Netcom».
Par la même occasion, le communiqué avance que «selon
toute vraisemblance, la commission de Ksentini semble s'atteler à créer
une ANFD redresseurs pour servir de caution au processus de l'oubli initié par
la commission». A ce propos, il est utile de rappeler que l'ANFD — qui
existe depuis 1998 — a été informée, le 15
août dernier, du refus de Farouk Ksentini, président de
la CNCPPDH, de rencontrer des membres de cette association au motif qu'elle
ne serait pas agréée. Le vœu d'une telle rencontre
avait pour objectif de demander «des éclaircissements sur
les déclarations publiques contradictoires de M. Ksentini sur
le sujet des personnes disparues après interpellation par des éléments
des corps constitués de l'Etat». Un sujet qui conduit justement
deux autres associations, SOS Disparus de Fatima Yous et le Collectif
des familles de disparus en Algérie (CFDA) de Nassera Dutour, à provoquer,
aujourd'hui à 11h à la rue Volta, à Alger, une conférence
de presse. Selon un communiqué commun parvenu à notre rédaction
hier, cette conférence de presse servira à «faire
part des inquiétudes et des interrogations quant au processus
entamé actuellement par la CNCPPDH». Ainsi, précise-t-on,
depuis que cette commission a entamé la consultation massive avec
les nombreuses familles de disparus, c'est le désarroi qui domine
chez les parents de ceux-ci. Il y a aussi, ajoute-t-on, de la colère,
celle «surtout de se voir proposer une aide financière parfois
plus de 10 ans après avoir été privés d'un
fils ou d'un mari et après avoir vécu ces longues années
dans une véritable misère». Ce qui amènera
les deux ONG à s'interroger : «S'agit-il d'une simple aide
sociale pour les familles ou une indemnité pour solde de tout
compte ? Quels en seront le montant et les critères d'octroi ?» Ceci
pour se demander : «Si, au terme de la campagne de la CNCPPDH,
l'Etat ne tente pas de minorer les familles qui refusent l'indemnisation
et de diaboliser les associations qui s'obstinent à vouloir faire
la lumière sur les vérités ?»
Par S. E. B.
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