Farouk Ksentini revient à la charge

Nous n'abandonnerons pas l'identification des enterrés sous X

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 6 novembre 2006

Jamais la question du retour de l’ex-FIS n’a été évoquée par Kébir lors de sa rencontre avec Farouk Ksentini, le président de la CCPPDH. Ce dernier n’a pas également écarté la possibilité d’indemniser les détenus des camps du Sud, lors de la décennie noire, même si cette catégorie n’a pas été incluse dans les dispositions de la charte.

Jamais la question du retour du parti dissous, l’ex-FIS, n’a été abordée entre Rabah Kébir et le président de la Commission consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CCPPDH), M. Farouk Ksentini, qui avait reçu celui-ci au courant du mois écoulé.

Farouk Ksentini, invité, hier, de l’émission «En toute franchise», de la Chaîne III de la radio nationale, a formellement démenti que les deux personnalités aient eu à discuter de cette question. «Impressionné par la modération de Rabah Kébir», M. Ksentini a, une fois de plus, rappelé que cette question est formellement exclue par les dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.

«Le sujet est carrément écarté», a dit l’avocat, qui a insisté sur le fait que même Kébir n’a pas osé l’évoquer. La rencontre entre Kébir et Ksentini a porté, essentiellement, sur la réconciliation nationale et la démocratie dans notre pays.

Dans le même sillage, Ksentini a affirmé que même s’il ne soutient pas le discours islamiste, les tenants de ce courant ont le droit de s’exprimer. Abordant, par ailleurs, la question des indemnisations, l’invité de la radio, qui n’a pas soufflé mot sur le dossier des disparus, n’a toutefois pas écarté la possibilité d’indemniser les personnes qui avaient été détenues dans le grand sud du pays.

Cette catégorie de personnes, fait-il remarquer, bien que non incluse dans le dispositif de ladite charte, sera, tout de même, prise en considération, comme le sont les victimes de la tragédie nationale. Affirmant que l’indemnisation accordée aux familles des disparus n’est pas la seule solution, le conférencier donne ainsi de l’espoir aux familles des personnes enterrées sous X. La démarche entreprise pour l’utilisation de moyens scientifiques pour leur indentification, notamment le test ADN, est en bonne voie.

Cela sera effectif dans les meilleurs délais, assure-t-il, sans pour autant évoquer où en est la démarche qu’il avait entreprise avec la DGSN pour que cette dernière lui fournisse les photos des enterrés sous X. Evoquant, une fois de plus, certaines carences de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le président de la CCPPDH a expliqué qu’en fait, elles existent uniquement dans son application, à l’exemple du retard enregistré pour la réintégration à leurs postes de travail des personnes licenciées dans ce contexte précis, ainsi que de l’indemnisation des victimes.

S’agissant, d’ailleurs, des victimes, il est à signaler que toutes les personnes concernées et décédées après la proclamation du texte de la réconciliation nationale sont automatiquement considérées comme victimes de la tragédie nationale.

Contrairement à ce qu’il a l’habitude d’étayer, Farouk Ksentini a, cette fois-ci, qualifié les droits de l’homme dans notre pays de «tout juste moyen». Il s’agit essentiellement des droits sociaux qui ne sont pas totalement respectés, à l’exemple des salaires des enseignants.

Le rapport annuel que la CCPPDH est appelée à déposer au niveau de la présidence n’est toujours pas prêt. Ksentini espère qu’il sera publié dans les délais prescrits. N. O.


   
www.algeria-watch.org