LIGUE ALGERIENNE POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME

BUREAU DE LA WILAYA DE RELIZANE 13 BD ZAGHLOUL RELIZANE

Relizane, le 11/01/04

C O M M U N I Q U E

A la suite des derniers rebondissements dans l’affaire des disparitions forcées de la wilaya de Relizane et de la mise à jour récente au sein d’une fosse commune d’effets vestimentaires appartenant à une personne portée disparue.

Etant à l’origine de cette découverte les services de Darak-El-Watani m’ont invité à leur remettre tout élément matériel en ma possession qui leur permettrait de pousser les investigations dans la recherche de la vérité.

Conscient de la nécessité d’apporter une contribution au traitement de ce drame humain au delà de ses aspects judiciaires et politiques, j’ai manifesté ma disponibilité et j’ai remis à l’institution de la Gendarmerie Nationale les éléments dont je dispose à savoir : Un pantalon de type Kawi de couleur verte, un habit local de type « Abaïa) », un briquet, identifiés par les proches de la victime comme étant portés par elle le jour de son enlèvement, des prises de vues ainsi qu’un film d’ossements humains

J’ai été sollicité pour se rendre sur les lieux avec les éléments de Darak-el-Watani pour la récupération des ossements déjà filmés pour la poursuite de l’enquête. Nous avons pris rendez-vous pour la journée du 11 courant à 11 heures. Au dernier moment cette mission n’était plus apparemment à l’ordre du jour pour des raisons que j’ignore. S’agit-il d’un contre ordre émanant de qui ? Et dans quel but ?

Le jour même à 14 heures, j’ai été informé par un habitant de la région, de la présence des services de la gendarmerie qui procédaient à des fouilles dans la région de Sidi M’hamed Benaouda au lieu dit Khloug. Je me suis rendu sur les lieux où il m’a été donné de constater la présence de 4 ou 5 éléments de la gendarmerie, le Colonel BELAALA Cdt du groupement et le Capitaine Réda, chargé de l’enquête.

S’agit-il d’un nouveau déplacement des ossements pour une destination inconnue comme c’était le cas des charniers localisés au mois de mai 2000 ?

La LADDH mue par ses obligations morales à l’égard de toutes les victimes de la tragédie et soucieuse de contribuer à l’éclairage d’un douloureux aspect d’un drame qu’il convient non seulement de guérir mais aussi de prévenir, j’espère que la Justice prendrait toutes les mesures nécessaires pour procéder à la récupération des ossements humains et les restituer à la famille des défunts après analyse pour un enterrement conforme à nos traditions.

Le Responsable du bureau pour la

Wilaya de Relizane

M. SMAÏN

 

 
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