Nous autres

Algérie, les années noires

2ème partie: 05/10/2007 > Algérie, les années noires, Témoignage de Redouane, torturé et jeté en prison par la police algérienne.
1ère partie : Les travail de l’association SOS disparus, qui aide les familles dont les proches ont été victimes d’enlèvements forcés.
par Zoé Varier, sur France Inter, vendredi 28 septembre 2007 de 20h10 à 21h . Reportage de Joséphine Delteau.

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/avenir.php

Chaque mercredi, elles sont là: Place Addis Abbeba à Alger, elles ont le visage fatigué, certaines sont venues à pied, souvent de loin, mais elles sont là debout devant le siège de la commission des droits de l’homme. Elles brandissent des photos et des pancartes sur lesquelles elles ont écrit: Rendez nous nos enfants ! Chaque mercredi, place Addis Abbeba à Alger, les mères, les femmes, les sœurs de disparus se rassemblent pour demander la vérité sur les milliers de disparitions forcées des années 90. La décennie noire, ces « années de sang », de barbarie et de sauvagerie où l’Algérie s’est dérobée aux yeux du monde dans une guerre invisible, sans image, sans visage, une guerre qu’on ne sait toujours pas comment nommer, et qui a causé la mort de 150 000 civils. Attentats, embuscades, enlèvements, voitures piégées, sabotages, bombes dans les lieux publics, massacres collectifs, pendant la décennie noire, l’Algérie a sombré dans la démence meurtrière. Plus les crimes et la barbarie prenaient des proportions inouïes, plus leur signification politique devenait opaque. Disparitions des témoins, des corps, de la mort, dissimulation des forfaits. L’invisibilité permet l’impunité et c’est contre cela que tous les mercredis, des femmes se rassemblent place Addis Abbeba à Alger. Elles n’en peuvent plus de ce vide. Elles demandent à comprendre ce qui s’est passé. Elles ne veulent pas d’indemnisation financière, elles veulent connaître la vérité, elles refusent l’amnistie. Elles veulent des corps, des tombes. Elles ne tourneront pas la page. Jusqu’à 21h ce soir, des Algériennes et des Algériens refusent d’effacer de leur histoire ce qui s’es passé pendant 10 ans, pendant les années de sang.

C’est un reportage de Joséphine Delteau.

SOS disparu(e)s : 3 rue Ghar Djebilet Alger Tel : 021 63 33 80
Mail : sos_disparus@yahoo.fr

SOS disparu(e)s à Paris : 01 43 44 87 82 (Nassera Dutour)

Un grand merci à Habiba Djahnine pour son aide précieuse. Réalisatrice, son dernier film Lettre à ma soeur" relate l'assassinat de sa soeur Nabila, tombée sous les balles d'un groupe armé. A travers son histoire, retour sur une décennie d’assassinats et de massacres de civils.

 
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www.algeria-watch.org