Collectif des familles de disparu(e)s

Mohamed Fatmia a été localisé à la prison d’El Harrach, Mohamed Rahmouni demeure quant à lui toujours disparu

27 novembre 2007

Mohamed Fatmia a réapparu à la prison d’El Harrach après plus de 5 mois de disparition. La famille a été prévenue par les parents d’un détenu incarcéré dans cette même prison et son frère a pu lui rendre visite.

Mohamed Fatmia a été présenté au tribunal de Sidi M’hamed à Alger le 18 novembre 2007 après avoir passé des mois détenu au secret. D’après les informations obtenues, il aurait été détenu par le Département du Renseignement et de la Sécurité à la caserne « Antar » dans que le quartier d’Hydra à Alger. Il aurait subi des mauvais traitements les 12 jours premiers jours de sa détention et mis par la suite officiellement en résidence surveillée tout en étant toujours détenu au secret.

En revanche, le CFDA et SOS Disparus demeurent très inquiets au sujet du sort réservé à Mohamed Rahmouni. Sa mère n’a cessé de déposer des recours et d’effectuer des démarches auprès d’institutions qui semblent mépriser totalement cette femme qui veut retrouver son fils.

Après les pressions subies par les policiers, ce sont aujourd’hui de faux espoirs que les autorités judiciaires donnent sciemment à Madame Rahmouni. Ces manœuvres organisées par des représentants de l’Etat sans scrupules visant à tromper une mère dont le seul but est de retrouver son fils sont méprisables.

En effet, le commissariat de Bourouba lui a annoncé pendant le mois de Ramadhan que son fils se trouvait à la prison de Blida située à 50 kms d’Alger. Elle s’est rendue immédiatement à Blida sous une pluie torrentielle. Mohamed n’y était pas.

Après cette première ignominie, c’est au tour du procureur du tribunal d’Hussein Dey de lui certifier la semaine dernière que Mohamed est détenu à la prison de Serkadji. Elle s’y est alors rendue accompagnée de son avocat mais Mohamed n’y était pas non plus.

Cette situation vécue par Mme Rahmouni est assimilable à un acte de torture, à un traitement inhumain et doit définitivement cesser.

Nous exhortons aujourd’hui les autorités à faire la vérité sur le sort de Mohamed Rahmouni, à lui permettre de contacter sa famille et faire cesser ces manipulations odieuses dont elle fait l’objet.

Nous demandons également aux autorités algériennes de respecter les droits fondamentaux de Mohamed Fatmia, de lui signifier sans délai les charges pesant contre lui et, le cas échéant, de respecter les règles du droit à un procès équitable le concernant et de mener une enquête impartiale sur les traitements cruels et inhumains qu’il aurait subi pendant sa détention au secret.

Alger, le 27 novembre 2007

P/le CFDA

Nassera Dutour

 
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