|
|||||
Où sont Mohamed Fatmia et Fethi Hamaddouche ?Quand ces manœuvres vont-elles s’arrêter ?
Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie, 8 août 2007 Alors que le ministre délégué à l’Intérieur et aux Collectivités locales, Daho Ould Kablia, déclarait dans un article du quotidien Ech Chourouk el Yaoumi publié le 25 juillet dernier qu’il n’y avait plus de disparitions forcées depuis 1999, c’est-à-dire depuis que le Président Abdelaziz Bouteflika a été élu, Mohamed Fatmia et Fethi Hamaddouche sont disparus à ce jour. En effet, voilà des mois qu’ils ont été arrêtés mais qu’aucune information sur le lieu où ils seraient détenus et sur leur sort n’a pu être obtenue. Le matin du 6 juin, des éléments du Département de la Sûreté et du Renseignement (DRS) en civil et armés sont venus à bord d’une voiture de marque Partner pour arrêter Mohamed Fatmia sur son lieu de travail, un chantier à Ain El Kerma à Alger. Lorsque son patron a voulu s’interposer, les agents l’ont arrêté également. Le patron de Mohamed a été relâché le jour même et a informé le frère de Mohamed qu’ils avaient été emmenés tous deux au commissariat de Dar el Beida, près d’Alger où il a vu Mohamed pour la dernière fois. Plus de deux mois après, les autorités nient son arrestation, aucune information sur le sort de Mohamed n’a pu être obtenue et il est à ce jour disparu. Il en est de même pour Fethi Hamaddouche arrêté à Mostaganem le 5 mars à 10h30. Les agents du DRS ont envahi son domicile. Venus très nombreux, véhiculés et lourdement armés ces agents prétendaient rechercher Fethi. Ne le trouvant pas, ils ont embarqué son frère Samir par la force. Ils l‘ont roué de coups puis ils lui ont recouvert le visage avec son pull et l’ont emmené jusqu’à la caserne du quartier appelé « le Plateau » où il a retrouvé son frère Fethi déjà détenu dans cette caserne. Fethi portait les marques de la torture. Samir, après avoir été violemment frappé, a été relâché le soir même vers 21 heures. Mais depuis le 5 mars 2007, Fethi est toujours détenu au secret. 5 mois, 5 longs mois sans que sa famille n’ait pu obtenir la moindre nouvelle sur son sort. Où sont-ils ? Leur intégrité physique et morale est en danger et leur famille plongée dans l’angoisse. En dépit de la législation et des traités internationaux ratifiés par l’Algérie, les forces de l’ordre continuent d’outrepasser leurs droits en toute impunité. Le Code de procédure pénale algérien prévoit pourtant un délai maximum de 12 jours de garde à vue sur autorisation du Procureur ainsi que des dispositions permettant aux familles des détenus d’entrer en contact avec eux dans ce délai. Alors que les autorités ne cessent d’affirmer que le terrorisme algérien n’est plus que résiduel, l’état d’urgence est maintenu illégalement depuis 1993 et les violations des droits de l’Homme ne cessent d’être commises par les forces de sécurité. Le CFDA et SOS Disparus s’inquiètent vivement au sujet du sort de ces personnes, sans aucun lien avec l’extérieur depuis plusieurs mois. Ces conditions sont propices aux mauvais traitements, aux actes de torture et aux violations de tous leurs droits fondamentaux. Le CFDA et SOS Disparus demandent aux instances onusiennes et aux ONG de défense des droits de l’Homme d’entreprendre toute action visant à les remettre sous la protection de la loi, à garantir en toutes circonstances leur intégrité physique et psychologique et à permettre aux familles de communiquer directement avec leurs proches Paris, le 8 août 2007 P/Le Collectif des Familles de Disparus en Algérie Nassera Dutour Porte-parole
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||