Collectif
des familles de disparu(e)s

 

Communiqué


Les familles de disparu(e)s battues
par les forces de l’ordre


Les familles de disparus ont été violemment prises à partie par la police, hier, mercredi 26 mars 2003, alors qu’elles avaient appelé à un rassemblement national à Alger, à l’occasion de la remise du rapport final sur le dossier des disparu(e)s par le Président de la Commission, Farouk Ksentini, lequel doit soumettre ses propositions au Président de la République avant le 31 mars

Les quelques quatre cents personnes, venues de l’est et de l’ouest du territoire, des wilayas de Ain Defla, Annaba, Bouira, Djijel, Guelma, Sétif, de Mascara, Mostaganem, Oran et Rélizane ont rejoint les familles de disparu(e)s d’Alger et de ses alentours pour se réunir devant le siège de la Commission nationale pour la promotion et le protection des droits de l’Homme à Alger. Elles entendaient mettre l’accent sur leurs propres propositions transmises au président Abdelaziz Bouteflika dans un Mémorandum.

Aux alentours de 10 heures, les familles de disparu(e)s, ont été brutalement contenues devant le siège de la CNCPPDH et empêchées de se rendre à la Présidence de la République. La porte parole du Collectif des familles de disparu(e)s, Nassera Dutour, a violemment été frappée ainsi qu’une mère, Madame Toumi, membre de SOS Disparus. La porte parole du Collectif porte des traces de coups sur différentes parties du corps.

Les familles de disparu(e)s ont précisé qu’elle avait notamment eu à en découdre avec le commissaire du IX ème
arrondissement d’Alger qui aurait été particulièrement violent à leur égard.

Rachel Corner, reporter photographe indépendante de nationalité hollandaise, a été malmenée et ses films confisqués ; face à l’acharnement des familles, la police n’a pas été en mesure de lui supprimer son appareil photo.

Parmi les manifestants, on a noté la présence de nombreuses personnalités qui avaient répondu à l’appel lancé, mardi, dont : Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) , mais également des représentants politiques (FFS), et des députés du parti El Islah.


Les familles de disparus ont réitéré leur exigence de voir leurs propositions réellement examinées et demandent que l’établissement de la vérité et la justice soient les conditions premières dans la résolution de ce dossier.
Les familles de disparu(e)s qui refusent à laisser sombrer dans l’oubli leurs enfants et leurs proches ont fait savoir que la violence des autorités n’avaient pas entamé leur détermination.


Alger le, 27 mars 2003
SOS Disparus
Collectif des familles de Disparu(e)s en Algérie

 

 
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