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Il n’a pas donné signe de vie depuis 1996 Qui a enlevé Djamel Saâdoun ? Par Mustapha Benfodil, Liberté, 19 août 2004 Il aurait eu 37
ans aujourd’hui. Titulaire d’un magistère
de l’École nationale polytechnique d’El-Harrach, il était
doctorant dans la prestigieuse école où il assurait également
des cours. Malheureusement, la suite des événements mettra
un terme à sa fulgurante carrière. Tout a commencé lorsque
la gendarmerie de Bouzaréah l’avait embarqué de chez
lui, à El-Biar, un certain 7 mars 1996 pour insoumission. Il est
conduit immédiatement vers Blida où il rejoint quelque
2 000 autres conscrits. Le 14 mars, il s’envole vers Béchar
par vol militaire, et de là, il est conduit vers la caserne de
Erg Farradj, près de Abadla. Il sera incorporé sous le
numéro d’immatriculation 8716106576. “Il était
pourtant titulaire d’un sursis en règle. Il venait même
de bénéficier d’une bourse pour partir en France”,
précise son père. En tout et pour tout, sa famille ne recevra
de lui que trois lettres, que Mustapha Saâdoun a précieusement
conservées. La première était datée du 25
mars 1996, la seconde du 3 avril et la dernière du 4 mai 1996.
Depuis, silence-radio à ce jour. En avril 1997, Mustapha Saâdoun
reçoit le talon d’un mandat expédié par le
vaguemestre de la caserne de Erg Farradj, d’un montant de 708 DA. “C’était
probablement la solde de mon fils et le vaguemestre n’avait pas
su quoi en faire”, dit le père, affligé. Devant ce
long silence, la famille a entrepris d’interminables et épuisantes
démarches pour tenter de trouver réponse à ce mystère.
Peine perdue. “Nous avons écrit partout. Nous avons dépêché des émissaires
sur place, en vain. À la caserne, on niait tout bonnement son
existence. Ma femme est allée voir un haut responsable du commandement
des forces terrestres, à Aïn Naâdja. Quelques jours
plus tard, il a appelé pour nous dire : “Ce nom n’existe
pas chez nous”. Si c’était des terroristes qui l’avaient
enlevé, cela s’expliquerait. Mais qu’il disparaisse
au beau milieu d’une caserne militaire, voilà qui est inconcevable
!” peste le père.
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