Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie


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Contact : M. Anouar Koutchoukali +31 30 236 93 86, imar@euronet.nl

Déclaration du Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie
à l’occasion de la manifestation du 05 octobre 2004
des organisations de familles de disparus en Algérie


La Haye, le 02 octobre 2004

Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie apporte son soutien total aux différentes organisations de familles qui luttent pour que la vérité soit établie et que justice soit faite sur les disparus en Algérie depuis le coup d’Etat militaire de janvier 1992.

Il se trouve en effet que le pouvoir en place tente, par le biais de la commission ad hoc présidée par M. Ksentini , d’enterrer le dossier des disparus en usant de l’infâme méthode de la carotte (indemnisations) et du bâton (intimidations, répression comme cela a été le cas récemment à Constantine où les forces de l’ordre n’ont pas hésité à user de la violence à l’encontre de femmes et de jeunes sans défense) pour blanchir les auteurs de ces disparitions forcées.

Il est utile de rappeler que la nomination de M. Ksentini à la présidence de ce comité n’est pas fortuite. Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie se fait le devoir d’informer les familles de disparus des antécédents de M. Ksentini quant à ses relations avec les services de sécurité algériens. Selon les témoignages recueillis par notre organisation, M. Ksentini était en effet ce qu’on appelle dans le jargon de la sécurité militaire algérienne une « relation de confiance » (qui compte également des avocats, juges, maires, chefs d’entreprise etc…).

A Blida, dans les années où le CTRI (Centre Territorial Régional d’Investigation) procédait de jour comme de nuit à des exécutions sommaires, tortures et enlèvements, M. Ksentini fréquentait assidûment le CTRI et entretenait des relations amicales avec le chef du CTRI, le colonel Djebbar M’henna dont la responsabilité dans plusieurs crimes est attestée par les témoignages recueillis par notre organisation.

Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie laisse aux familles de disparus le soin de tirer elles-mêmes les conclusions quant à l’impartialité de M. Ksentini et du comité ad hoc qu’il préside et à leur volonté de faire toute la vérité sur les disparitions forcées.

Face à ces graves manœuvres visant à enterrer le dossier des disparus en Algérie :

Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie demande aux autorités algériennes de cesser de harceler les familles de disparus et les associations indépendantes qui les soutiennent, et de leur garantir la liberté d'expression, de réunion, de circulation ainsi que le droit d’agir collectivement en justice, conformément aux engagements internationaux de l’Algérie pour le respect de la vie, de l’intégrité physique et psychologique, des droits civils, politiques et sociaux et conformément, en particulier, à la Déclaration des Nations Unies sur la protection des défenseurs des droits de l'Homme du 9 décembre 1998.

Le Mouvement pour la Vérité, la Justice et la Paix en Algérie demande instamment aux autorités algériennes de rendre possible, par la prise de mesures législatives, la poursuite judiciaire des auteurs des crimes les plus graves commis depuis 1992, notamment la disparition forcée en tant que crime contre l’humanité.

Personnes soutenant cet appel :

Sid-Ahmed Aber, militant des droits de l’Homme, Paris, France
Essaid Aknine, militant des droits de l’Homme, France
Abdelkader Bourzig, ex-militaire en exil en Europe
Dr Mourad Dhina, consultant en informatique, Suisse
François Gèze, éditeur, Paris, France
Dr Anouar Koutchoukali, militant des droits de l’homme, Utrecht, Pays-Bas
Dr Ahmed Manai, Institut Tunisien des Relations Internationales, Paris, France
Malika Matoub, présidente de la fondation Lounès Matoub, Paris, France
Mehdi Mosbah, technicien, Paris, France
Albert Munting, militant des droits de l’Homme, Pays-Bas
Habib Rabeh, ex-militaire en exil en Europe
Mohamed Samraoui, ex-militaire, auteur de « Chroniques des Années de Sang », Allemagne
Me Ahmed Simozrag, avocat, Ouagadougou, Burkina Faso
Habib Souaidia, ex-militaire, auteur de « La Sale Guerre », Paris, France
Karim Yousfi, militant des droits de l’Homme, Toulouse, France
Nicoline Zuijdgeest, journaliste indépendante, Amsterdam, Pays-Bas

Pour soutenir cet appel, merci d’envoyer un e-mail ou un fax à :

imar@euronet.nl
Fax : 00 31 30 230 45 11

 

 
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