ASSOCIATION DES FAMILLES DES DISPARUS
Alger, le 24 juillet 2004


COMMUNIQUE


Le Bureau de l'ANFD s'est réuni pour faire le point sur la situation relative au dossier des personnes disparues enlevées par les corps constitués de l'Etat.
Il constate l'absence d'évolution significative à même d'atténuer la douleur et les souffrances de milliers de familles algériennes.

Pire encore. Depuis quelques semaines, une campagne de presse, à travers plusieurs titres, tend à semer la confusion sur un dossier qui, pourtant, ne souffre d'aucune ambiguïté : les plus hautes autorités reconnaissent la responsabilité de l'Etat dans ce drame.

En effet, l'acquisition d'un laboratoire d'analyses ADN par la DGSN a donné lieu à toute sorte d'agitation allant même jusqu'à annoncer « la fin de cet épineux problème ».

En quoi cette acquisition technique peut-elle se substituer à la volonté politique d'une prise en
charge effective de ce dossier ?

Car si les analyses ADN contribuent à identifier des corps de disparus dans les catastrophes naturelles telles que les inondations de Bab El Oued ou le séisme du 21 mai 2003, est-il besoin de recourir à cette technique pour que l'Etat réponde sur le sort des personnes interpellées officiellement par ses institutions ?

Assurément, et venant juste après les déclarations du chef du gouvernement dans ses réponses aux interpellations des députés et sénateurs sur cette question, il y a une volonté de « liquider cet encombrant dossier ».

L'ANFD s'élève contre cette opération tendancieuse et réaffirme que seule une décision politique pour faire la lumière sur ce dossier peut amorcer son règlement.

Fidèle à son combat pour la vérité sur le sort des personnes disparues après interpellation par les corps constitués de l'Etat, l'ANFD a fait le point lors de sa réunion sur la finalisation d'une base de données informatique comprenant notamment:
- les photos des personnes disparues
- l'affiliation
- le corps constitué à l'origine de l'enlèvement ou de l'interpellation
- les démarches effectuées par les familles.

L'Association s'apprête à rendre public ce travail par l'ouverture d'un site Internet qui regroupera aussi différents témoignages sur la question.

Le Bureau de l'ANFD

 

 
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