Dossier des «disparus»

Vers une commission nationale d’enquête ?

Le Quotidien d'Oran, 26 mars 2003

Le collectif des familles de disparus, « SOS disparus », sous l’égide de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme, n’entend pas baisser les bras pour obtenir la vérité et la justice. Il se refuse, avec détermination, à accepter l’idée que ce dossier des « disparus » soit expédié comme une banale affaire administrative. Le collectif sait que la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNSPPDH) va remettre ces jours-ci son rapport d’activité 2002 au président de la république. Dans ce document a-t-on appris de source informée, la commission que préside Maître Ksentini formule, entre autres, une série de recommandations relatives au traitement du dossier des « disparitions forcées ». D’après les informations qui ont pu filtrer, la commission qui a pris le relais de l’ONDH proposerait la constitution d’une commission nationale d’enquête. Ce serait la solution de substitution retenue après que la CNSPPDH n’ait pu, seule, faire aboutir ses requêtes auprès des différentes autorités concernées. La question qui se pose d’ores et déjà au sein du collectif des familles de disparus est de savoir si une telle commission aura toutes les prérogatives pour faire la lumière sur ce dossier très délicat et très sensible au plan humain.

D’ores et déjà, on se demande si ce sera pas, encore une fois, une commission « étouffoir » qui ne servirait qu’à faire traîner les choses en longueur et à fatiguer, à user, les milliers de requérants. Les familles de disparus se refusent à accepter l’idée que ce dossier soit expédié comme une banale affaire administrative. Sans rejeter le principe d’une commission nationale d’enquête, elles doutent , eu égard aux nombreux précédents (commission des 26 milliards de dollars, fraude électorale, Kabylie...), de la bonne foi qui motiverait cette proposition. Pour se faire entendre une nouvelle fois, le collectif des disparus se rassemblera ce mercredi (comme tous les mercredis), à 10h, devant le siège de l’ex-ONDH à Alger. Il se refuse à vivre entre l’espoir et le désespoir, et ses membres veulent « savoir, tout simplement savoir ». Parallèlement à cela, le collectif a demandé à être reçu par le chef de l’Etat. Selon des membres de « SOS disparus », cette démarche en direction du premier magistrat du pays vise à lui exposer leurs appréhensions quant à une éventuelle tentative « de liquider ce dossier d’une façon expéditive ».

Oualid Ammar


 

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org