Sos Disparus - Sos Disparus – Sos Disparus – Sos Disparus - Sos Disparus - Sos Disparus

Communiqué

Jijel, le 3 avril 2007

En réponse à l’article paru dans l’édition du 27 février 2007 du quotidien Ech Chourouk, intitulé « la date du décès déclenche les débats », le comité des familles de disparu(e)s de Jijel tient à apporter une mise au point pour rétablir la vérité et éviter toute confusion.

La position du comité des familles de disparu(e)s de Jijel est bien contraire à celle exprimée dans cet article. Non seulement, les familles de disparu(e)s de Jijel ne se sont en aucune manière exprimées en faveur de la réconciliation nationale telle que proposée par le Président de la République mais encore elles refusent catégoriquement de « tourner la page » sans que la vérité ait été faite sur le sort de leurs proches.

En effet, le fait d’imposer une date de décès très postérieure à la date de disparition constitue une atteinte grave à la véracité des faits ainsi qu’à l’intégrité et à la mémoire des disparu(e )s. En outre, le comité des familles de disparu(e)s de Jijel tient à souligner de surcroît que l’intégralité des dispositions et des conséquences des textes d’application de la Charte est aux antipodes des aspirations de vérité et de justice des familles.

De plus, l’obligation faite aux victimes de déclarer leur proche décédé en amont de l’indemnisation est en elle-même une ignominie. Personne ne peut être convaincu de la mort d’un proche disparu tant qu’aucune information sur son sort n’est connue, tant que la dépouille n’est pas restituée.

Par conséquent, ces dispositions obligent les familles à déclarer la mort de leurs disparus peut être encore vivants. L’instrumentalisation de la détresse sociale des familles qui ont pour la plupart perdu un des piliers du foyer est donc abominable.

C’est pourquoi, le comité tient à dénoncer cette injustice criante et à s’élever à nouveau contre ces textes qui vont à l’encontre d’un processus de recherche de la vérité, de devoir de mémoire et de réparation effective. Ils ne sont que le moyen de protéger les responsables qui pourront à nouveau commettre ces crimes en toute impunité. Alors que les autorités algériennes se targuent d’être des précurseurs en la matière, considérer que seule une réparation financière suffit à tourner la page pour ces familles doublement victimes est une méprise totale.

Il reste, malgré tout à ces familles pour défendre les droits de leurs proches, les textes internationaux dûment ratifiés d’ailleurs par l’Etat algérien tel que le Pacte international pour les droits civils et politiques pour ne citer que lui. Plus récemment l’Algérie a signé la Convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées et s’est engagée par cet acte à ne pas entreprendre d’actions qui iraient à l’encontre du but et de l’objet de ladite Convention, c’est-à-dire à ne pas aller contre la recherche de la vérité voulue par toutes ces familles de victimes.

Il conviendrait donc aujourd’hui de rappeler aux autorités algériennes leurs engagements internationaux qui, en vertu de l’article 132 de la Constitution algérienne, priment sur les lois nationales et de faire cesser toutes ces entraves à l’exercice des libertés fondamentales.

P/SOS Disparus
Le comité de Jijel

   
www.algeria-watch.org