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Collectif des familles de disparu(e)s COMMUNIQUECampagne contre l’amnistie en Europe :Le Collectif des familles de disparus(e)s entendu par l’Union européenne
Dans le cadre du lancement d’une campagne européenne du Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA), une délégation s’est rendue à Bruxelles les 25 et 26 avril, à l’occasion de l’invitation faite par Madame Hélène Flautre, députée au parlement européen et présidente de la Sous-commission « droits de l’Homme » de l’Union européenne, afin d’être auditionnée par les parlementaires européens.
Cette délégation, emmenée par Nassera Dutour, était composée du Pr. Madjid Benchikh, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger et président du Comité Justice pour l’Algérie, de M. Nesroulah Yous, président de Comité vérité et Justice pour l’Algérie, de Nedjma Benaziza, ancienne journaliste du Jeune indépendant et petite fille de disparue, M. Saad Mezougheb, père de disparu venu d’Algérie. Sandrine Grenier du Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme et Antoine Madelin du bureau de la FIDH à Bruxelles ont accompagné la délégation tout au long de cette visite.
Durant ces deux jours, des rencontres ont été organisées avec des responsables de l’Union européenne et des représentants des Etats à Bruxelles, rencontres au cours desquelles les membres de la délégation ont pu faire partager leurs préoccupations sur le projet d’amnistie générale. Ils ont reçu l’engagement que le dialogue politique, sur le point de s’engager avec l’Algérie au travers de l’accord d’association, n’oublierait pas la question des droits de l’Homme et plus particulièrement des disparus en Algérie.
Le 25 avril, la délégation du CFDA fut auditionnée durant deux heures devant les parlementaires de la Sous-commission « droits de l’Homme » de l’Union européenne au cours d’ « un échange de vues sur la question des disparitions forcées et l’exemple de l’Algérie ».
Après un bref exposé de M. l’ambassadeur Bernard Kessedjan, ancien ambassadeur de France à Alger (1992-1994), sur les travaux pour la rédaction d’une convention internationale prohibant les disparitions forcées qu’il préside à l’ONU, Nassera Dutour, M. Driss El Yazami et M. Farouk Ksentini se sont chacun exprimé sur cette question en Algérie.
M. El Yazami, venu en sa qualité de secrétaire général de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), a rappelé l’importance vitale de poursuivre une lutte universelle pour le droit de savoir et contre l’impunité. Il a également saisi cette occasion pour réitérer la demande de la FIDH d’effectuer une visite en Algérie alors même qu’elle n’a pu se rendre en Algérie depuis juin 2000. Si M. Ksentini, venu en émissaire de la commission ad hoc, n’a eu de cesse de clamer la non culpabilité de l’Etat dans cet « épiphénomène » qu’étaient les disparitions forcées et la « disparition » de cet Etat durant cette décennie, Nassera Dutour s’est demandé comment les agents reconnus responsables des 6 146 disparitions avaient pu échapper aux ordres de leurs supérieurs lorsque l’on sait que chaque disparition impliquait de 3 à 10 agents et que des ratissages menés par les forces combinées se produisaient dans de nombreux quartiers, villes et villages du pays. Elle a également réaffirmé avec force que les familles de disparus ne tourneraient pas la page sans connaître la vérité et sans avoir enfin obtenu la justice qu’elles réclament depuis tant d’années. Nesroulah Yous, rescapé du massacre de Bentalha, a évoqué l’engrenage qui avait jeté l’Etat dans une violence égalant, puis surpassant, la violence terroriste. Une déléguée d’Amnesty International a conclu en rappelant leur ferme opposition à l’amnistie comme à toutes formes de pardon qui se feraient au détriment du droit des victimes, comparant le projet d’amnistie générale à un « déni de justice définitif » et rappelant que « l’Algérie ne peux s’affranchir du respect des règles de droit international par un vote ».
Un appel conjoint a été fait en faveur de la constitution d’un organisme indépendant de l’Etat et doté de pouvoirs d’investigation pour permettre à toutes les victimes de cette décennie, victimes de l’Etat et victimes des groupes armés soient entendues et que justice leur soit rendue.
Au cours du débat qui a suivi, les parlementaires européens ont fait part de leurs doutes et de leurs interrogations à M. Ksentini. Ce dernier a annoncé que des visas seraient instamment accordés aux ONG qui en feraient la demande et que l’agrément des associations représentant les familles de disparus faisait partie des recommandations de la commission ad hoc au Président de la république.
La présidente de la Sous-commission, Hélène Flautre, a pris acte avec satisfaction de ces engagements et a souhaité ardemment que le dialogue entamé à l’Union européenne sur ces questions soit poursuivi en Algérie.
La délégation du CFDA se réjouit de l’écoute qu’elle a obtenue des membres de l’Union européenne et des doutes unanimement exprimés quant à l’efficacité d’une amnistie générale pour la réconciliation et la paix en Algérie. C’est dans cette optique que le CFDA poursuivra ce débat en Europe pour que la cause de toutes les victimes de la guerre civile en Algérie soit entendue.
P/ le CFDA Nassera Dutour Porte-parole
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www.algeria-watch.org
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