Conférence internationale sur les disparus à Genève

Le CICR insiste sur la prévention des disparitions


Par Hamidou B.,Jeune Indépendant, 24 février 2003

L’exemple de l’Algérie, qui figure parmi les pays qui souffrent de la tragique question des disparus, a été cité lors de la conférence internationale de Genève en Suisse (du 19 au 21 février), organisée sous l’égide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L’Algérie, qui connaît depuis les années 1990 des violences et un terrorisme des plus abjects, est concernée par ce douloureux problème. Selon les chiffres officiels, 4 000 personnes sont portées disparues, entre 7 000 et 12 000 selon certaines ONG. Dans ce contexte, il y a lieu de rappeler que les familles des disparus remettront au mois de mars prochain un rapport au chef de l’Etat. Au-delà du nombre de disparus, cette question reste une plaie béante dans la société algérienne. La conférence de Genève a abordé, lors des discussions de jeudi dernier, tous les problèmes inhérents aux obstacles rencontrés par les familles des disparus dans leur quête d’informations sur leurs proches. Cette conférence a adopté, à cette occasion, un certain nombre de décisions allant dans le sens «d’un nouvel élan à l’action de tous ceux chargés de résoudre le problème des personnes portées disparues et de leurs familles». Plus de 350 experts gouvernementaux et non gouvernementaux, venus de plus de 90 pays, ont pris part aux travaux de cette conférence qui aura été une occasion pour les participants d’analyser et de proposer des mesures à cette tragique question humanitaire.

D’ailleurs, c’est dans ce sens qu’un certain nombre de recommandations ont été adoptées, le but étant «la prévention des disparitions». Les conférenciers ont lancé un appel pressant en «faveur de l’adoption de mesures permettant d’élucider le mystère qui plane sur les personnes portées disparues dans le cadre d’un conflit armé ou d’une situation de violence interne, et de venir en aide à leurs familles». Tout en reconnaissant que cette conférence internationale a permis de renforcer la prise de conscience de cette tragédie, les participants ont souligné que la question des personnes portées disparues dans le cadre d’un conflit armé ou d’une situation de violence interne mérite une plus grande attention. L’humiliation et la souffrance des familles et des amis des personnes portées disparues font souvent obstacle aux tentatives de réadaptation et de réconciliation, révèle la déclaration finale du CICR. Le droit des familles de connaître le sort de leurs proches portés disparus a été au cœur des discussions, et des mesures concrètes ont été proposées pour satisfaire ce besoin essentiel.

Il a été réaffirmé au cours de la conférence que les familles des personnes portées disparues ont besoin d’un soutien matériel, financier, psychologique et juridique. Les conférenciers ont plus particulièrement attiré l’attention sur les femmes et les enfants qui risquent de se retrouver dans un dénuement total et d’être confrontés à d’énormes difficultés. H. B

 
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