RESPECTEZ VOS ENGAGEMENTS RELATIFS AUX CONVENTIONS INTERNATIONALES

REVELEZ LA VERITE !

Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie, 10 décembre 2008

Sous une pluie battante, plus d’une centaine de proches de disparus ont tenu, eux aussi, à marquer, ce 10 décembre 2008, le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Les manifestants ont exprimé leur attachement aux principes de ce texte et la volonté de voir les droits de l’Homme s’appliquer effectivement dans leurs pays. En plus des pancartes habituelles et des photos de disparus, une large banderole revendiquait « Respectez vos engagements relatifs aux Conventions internationales ».

Comme toujours, les forces de l’ordre étaient postées aux abords du lieu de rassemblement et n’ont pas manqué l’occasion de se faire remarquer par des débordements forçant l’indignation. Zoubida, mère et épouse de disparus, s’est faite assaillir par un policier alors qu’elle prenait des photos du rassemblement, ce qui lui a valu de se faire tirer violemment par le foulard qui lui couvrait les cheveux et de se retrouver à terre, la tête pratiquement nue. D’autres policiers ont surgit brusquement et ont tenté d’emmener Zoubida mais les mères sont intervenues et ont réussi à empêcher l’arrestation. Toutefois, cet évènement a provoqué la colère des familles de disparus. Décidant de franchir les limites imposées par le déploiement d’agents et de fourgons de police, les manifestants ont entrepris d’envahir la route pour bloquer les voitures et se rendre bien visibles.

En mois de cinq minutes, des renforts ont surgit de tous côtés pour disperser la foule. M. Mordjana, le secrétaire général de la CNCPPDH, est alors sorti à la rencontre des membres de SOS Disparus, les invitant à rentrer dans les locaux de l’institution pour discuter. Ces derniers ont tenu à terminer leur rassemblement avant de répondre à l’invitation de M. Mordjana qui leur a spécifié qu’il est strictement interdit de marcher ou de tenir un sit-in sur la route. Les membres de SOS disparus, outrés, ont rétorqué « cela fait 10 ans que nous manifestons devant la CNCPPDH malgré les humiliations infligées par les policiers et les coups reçus et nous n’avons toujours pas de réponse à nos questions ». Devant l’indifférence des autorités, les proches de disparus n’ont d’autre choix que de chercher des moyens de se faire entendre.

Ainsi, circonscrit et tranquillement ignoré des autorités algériennes, se tenant, chaque mercredi depuis 10 ans, le rassemblement n’a toujours pas permis un traitement dans le respect du droit à la Vérité et à la justice du dossier des disparus.

Cette manifestation démontre toutefois que les familles de disparus, sensibilisées au contenu des textes internationaux, sont de plus en plus conscientes de leurs droits et se mobilisent de plus en plus nombreuses dans la lutte pour le respect des libertés fondamentales et de l’Etat de droit en Algérie, pour elles et pour leurs enfants.

Paris, le 10 décembre 2008,
Nassera Dutour, Porte Parole

 

Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie
Lauréat de la mention spéciale du Prix des droits de l’Homme de la République française en 2006
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