Disparitions forcées  
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Nom : Sebaï

Prénom : Rachid

Date de naissance (ou âge)  : 08 janvier 1962

Etat-civil   : marié

Nombre d'enfants : 03

Profession : Pilote à Air Algérie

Adresse : Kouba (Alger)

Date de l'arrestation : 20 février 1995

Heure : 2 heures

Lieu de l'arrestation : domicile

Agents responsables de l'arrestation : parachutistes

Résumé des faits : Citoyen âgé de 33 ans, marié et père de 3 enfants, commandant de bord à Air Algérie, a été arrêté à son domicile à Kouba (Alger) le 20 février 1995 à 2 heures du matin. Sa famille signale le vol d'effets vestimentaires de leur fils et de son épouse ainsi que d'une voiture. Plusieurs arrestations ont été effectuées dans le quartier à la même période, ces personnes aussi ont disparu.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte du 22 février 1995 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête, sans résultat.
  • Lettres diverses aux autorités.

Observations :

  • Vol d'une voiture, de bijoux et d'effets vestimentaires.

Témoignage de la famille   : (mère : Mme Sebaï Keltoum Djemara)

C'était en plein Ramadhan. Des parachutistes avec des cagoules vertes sont venus à 2 heures du matin. Ils ont sauté par le mur du jardin. Ils ont fracassé la porte d'entrée de la maison et ont envahi toutes les pièces. Ils ont mis mes deux enfants, les mains en l'air contre le mur dans un coin du couloir. Mon mari dormait et mon fils aîné, Rachid qui travaillait à Air Algérie était dans sa chambre. En voyant ce dernier sortir de sa chambre, l'un des paras s'est mis à crier : « Le voilà, le voilà ! ».

Ils l'ont insulté et traité de harki. Il l'ont sorti pratiquement avec sa veste seulement. En partant, les paras nous ont ordonné de fermer la porte qui était totalement défoncée.

A 4 heures du matin, les paras revinrent avec mon fils. Son visage était blême. Il était complètement trempé.

Ils le descendirent au garage où étaient garés une Mercédès et un camion. Après avoir fouillé le garage, ils tentèrent de faire démarrer la Mercédès, sans succès, car elle était en panne. Ils tentèrent alors de sortir le camion. Ils ne purent le sortir. On avait l'impression qu'ils étaient pressés. Ils revinrent à la maison et fouillèrent de fond en comble la chambre de mon fils. A 5 heures du matin, ils quittèrent la maison, prenant avec eux mon fils.

Le surlendemain, un mardi, à 10 heures on entendit la sonnette résonner. J'ouvris la porte. Il y avait des ninjas, des policiers et des civils armés.

Quatre parmi eux entrèrent dans la chambre de mon fils. Ils fouillèrent toute la pièce, mettant tous ses effets et ceux de son épouse, sens dessus dessous. Ils prirent ses tenues de travail, une valise et un cabas furent remplis de bijoux, d'effets vestimentaires appartenant à mon fils et à son épouse, de parfums, de chaussures.

L'un d'eux pris ses costumes et ses tenues d'Air Algérie. Il les empaqueta maladroitement. Il parla ensuite dans son talkie-walkie. J'ai seulement entendu dire : « Tout est négatif ».

Ils descendirent ensuite avec leur butin au garage. Ils prirent toutes les pièces détachées de la Mercédès qu'ils mirent dans des cartons ainsi que des tapis et des descentes de lit qui étaient entreposés au garage par l'un de mes fils commerçant. Ils remorquèrent la Mercédès avec un fourgon de type J5. C'était un civil qui conduisait.

Devant mes protestations devant ce vol caractérisé, l'un des civils armés me dit : « Celui qui a commis une faute doit payer ».

A ce jour, je n'ai aucune nouvelle de mon fils. Il a laissé une épouse et trois filles. Elles sont très perturbées par ce qu'elles ont vue. L'une d'elles est traitée chez un psychologue.

   
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