Disparitions forcées  
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Nom : Saï

Prénom : Tayeb

Date de naissance (ou âge)  : 1959

Etat-civil   : Marié

Nombre d'enfants : 03

Profession : Chauffeur de taxi

Adresse : Gué de Constantine

Date de l'arrestation : 7 décembre 1996

Heure : 2 heures

Lieu de l'arrestation : domicile

Agents responsables de l'arrestation : militaires et civils armés

Résumé des faits : Citoyen âgé de 37 ans, chauffeur de taxi, marié et père de trois enfants, demeurant au Gué de Constantine (Alger), arrêté à son domicile le 7 décembre 1996 à 2h du matin par des militaires et des civils armés. Selon le témoignage de ses parents, il aurait été vu au centre de la SM de Châteauneuf. Sa mère, Mme Saï Mébarka, membre très active de l'association des familles de disparus, sera arrêtée le 13 octobre 1997 au cimetière d'El Alia par des policiers en civil, pour avoir participé à une manifestation des mères de «disparus » le 22 septembre 1997 devant l'hôtel Aurassi. Elle sera gardée au commissariat durant 10 jours.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Centre de la SM de Châteauneuf

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte déposée le 9 août 1997 aux tribunaux d'Hussein Dey et Bir Mourad Rais, enquête, sans suites.
  • Lettres diverses aux autorités.

Observations :

Témoignage de la famille : (mère, Saï Mebarka)

J'allais souvent au cimetière d'El Alia à la recherche de mon fils qui avait été arrêté par les militaires et des civils armés à 2 heures du matin.

Je surveillais chaque jour l'arrivée des ambulances à la recherche du cadavre de mon fils. Je me mettais devant les tombes et j'observais les visages.

J'ai tout vu : des gens atteints par balles, des amputés, des gens sans têtes. J'ai vu des cadavres brûlés, d'autres attachés avec des fils de fer, des crânes complètement aplatis.

J'ai vu des vieux, des femmes.

Nous étions plusieurs femmes à guetter au cimetière l'arrivée des cadavres.

J'ai vu les fossoyeurs enterrer deux enfants de un an et de trois ans ainsi que deux femmes qui avaient été tuées lors d'un accrochage à Aïn Naâdja. C'était horrible.

J'ai vu également le cadavre d'un citoyen qui avait la tête couverte d'un sachet en plastique noir. J'ai enlevé ce sachet pour voir s'il ne s'agissait pas de mon fils. En enlevant le sachet j'ai vu une image horrible. Le visage était rongé par de l'acide. Il a été ramené par des policiers.

   
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