Disparitions forcées  
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Nom : Moussafer

Prénom : Aïssa

Date de naissance (ou âge)  :

Etat-civil   : célibataire

Nombre d'enfants :

Profession :

Adresse : Hadjout Hamès (Tipaza)

Date de l'arrestation : 1995

Heure :

Lieu de l'arrestation : domicile

Agents responsables de l'arrestation : miliciens et gendarmes

Résumé des faits : Citoyen enlevé avec son frère Brahim en 1995 par des miliciens et des gendarmes à leur domicile à Hadjout Hamès près de Sidi Ghilès (Tipaza). Ils avaient arrêté au même moment un voisin, Mokhtari Mohamed . C'était en fin d'après-midi, à l'heure de la prière du Maghreb. Ils avaient assuré leur mère qu'ils venaient les prendre pour quelques heures seulement en vue d'un simple interrogatoire et qu'ils allaient les libérer peu de temps après. Le père les a vu prendre la direction du siège de la milice. La mère a pu leur rendre visite le lendemain et les voir. Mais depuis aucune nouvelle. Les miliciens auraient affirmé à la mère que ses deux fils avaient été ensuite récupérés par la sécurité militaire.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Brigade de gendarmerie de la localité.

Démarches entreprises par la famille :

  • Lettres aux autorités locales et nationales, à l'ONDH et au médiateur de la République.
  • Plainte auprès du procureur de la République.

Observations :

  • Son frère Brahim a également été enlevé en même temps que lui et a disparu.

Témoignage de la famille   : (mère).

Des miliciens et des gendarmes sont venus à notre domicile à Hadjout Hamès près de Sidi Ghilès (Tipaza). C'était en fin d'après-midi, à l'heure de la prière du Maghreb. Ils m'avaient dit qu'ils venaient prendre mes enfants pour quelques heures pour un simple interrogatoire et qu'ils allaient les libérer peu de temps après.

Dès qu'ils sont sortis, je les ai suivis et je les ai vus rentrer dans le local de la milice. A mon arrivée, les miliciens et les gendarmes me dirent que mes enfants n'étaient pas ici alors que je venais de les voir rentrer. Ma fille s'emporta en leur disant : « Je ne bougerais pas d'ici tant que je n'aurais pas vu mes frères qui sont chez vous ».

Devant cette insistance, ils me firent entrer alors au local de la milice et j'ai pu alors voir mes enfants. Mon fils Brahim me rassura en me disant qu'il s'agissait d'un simple interrogatoire et qu'il allait incessamment rentrer avec son frère Aïssa à la maison. Rassurée de voir et d'entendre mes enfants, je repris le chemin de notre domicile avec ma fille.

J'ai passé une nuit mouvementée, rongée par le doute.

Le lendemain je me suis alors rendue à nouveau chez la milice. Un milicien de faction devant la porte me dit alors que mes enfants ont été pris à minuit par la sécurité militaire.

J'ai pris alors la direction de la gendarmerie de Sidi Ghilès pour me renseigner. Ils me dirent qu'ils avaient reçus des ordres « d'en haut » pour arrêter mes enfants Brahim et Aïssa ainsi qu'un voisin Mokhtari Mohamed et que leur mission s'arrêtait là.

Je me suis alors dirigée vers la gendarmerie de Cherchell puis de Gouraya, sans résultats. Ils ignoraient tout de l'arrestation.

Je suis restée ainsi à errer un peu partout durant six mois à la recherche de mes enfants.

J'ai fais écrire des lettres à l'Observatoire des droits de l'homme et au ministre de la justice. Je n'ai jamais reçu de réponse.

On m'a conseillé d'aller voir un général, directeur de l'Académie militaire de Cherchell, qui selon les gens, écoutait les citoyens qui avaient ce genre de problèmes. Je suis allée le voir et il m'a reçu et écouté. Il m'a interrogé sur les circonstances de l'arrestation. Je lui ai dis que mon seul souci était de savoir s'ils étaient vivants. S'ils ont commis une faute, qu'ils soient jugés. Le général me promit alors de se renseigner et de m'informer des résultats, bons ou mauvais.

Cela fait une année. Je n'ai jamais reçu de nouvelles de ce général.

J'ai saisi le procureur plus de 10 fois, mais sans résultats.

Je demande à savoir pourquoi ils ont été arrêtés et s'ils sont vivants.

 
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