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| Disparitions forcées | |||||
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Nom : Bessekri Prénom : Abderrezak Date de naissance (ou âge) : 4 juillet 1951 à Casablanca (Maroc). Etat-civil : Marié Nombre d'enfants : 02 Profession : Entrepreneur Adresse : Sidi Moussa (Alger) Date de l'arrestation : 18 janvier 1997 Heure : 10 heures Lieu de l'arrestation : Lieudit Benidja (Sidi Moussa) Agents responsables de l'arrestation : Sécurité militaire Résumé des faits : Bessekri Abderrezak, 46 ans, entrepreneur privé, demeurant à Sidi Moussa (Alger) est kidnappé le 18 janvier 1997 par des hommes armés au lieu dit Benidja (Sidi Moussa) alors qu'il se dirigeait avec son véhicule de type Golf blanche immatriculée 10738-184-16 vers le domicile de sa mère à Bouzaréah. Un voisin aurait été témoin du kidnapping alors qu'il était de passage à bord d'un bus mais refusera de témoigner par peur de représailles. Les services de sécurité n'enregistreront la plainte de la famille pour enlèvement que deux mois et demi plus tard. La famille entreprendra de multiples recherches dans les commissariats, casernes, hôpitaux et morgues sans résultats. Quelques temps après, des relations de la famille au sein de l'institution militaire l'informeront que son fils était probablement entre les mains de la S écurité militaire et qu'il s'agirait d'une affaire très « sensible » en relation avec un règlement de compte avec une personne très influente et qui aurait été en conflit avec le disparu. En août 2002, la famille apprendra que le corps de son fils aurait été retrouvé dans un charnier de la région de Sidi Moussa, sans autres précisions. Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement : Centre de la sécurité militaire de Bouzaréah. Démarches entreprises par la famille : Plainte déposée le 6 avril 1997 pour enlèvement. Visite au Commissariat central d'Alger. Visite à la gendarmerie de Blida. Lettre à l'ONDH Observations :
Témoignage de la famille : Rapport rédigé par la famille. Les faits. Le samedi 18 janvier 1997, jour de Ramadhan, Abderrezak Bessekri quitte son domicile (Sidi Moussa) le matin pour rendre visite à sa mère à Bouzaréah et déclare à sa femme qu'il sera de retour à midi et qu'il s'occupera lui-même de préparer le déjeuner (f'tour). Devant le retard de son mari, sa femme, inquiète, ne peut appeler personne, puisque les lignes téléphoniques ont été sabotées. Sa femme prévient sa famille le lundi matin. Madame Nekkache, la mère d'Abderrezak et ses deux autres fils se rendent à la brigade de gendarmerie de Sidi Moussa et à la brigade anti-terroriste pour signaler la disparition. Quelques jours après, une femme (institutrice ou surveillante) de Sidi Moussa rapporte à Mme F. qui se trouve être la voisine du disparu que son père, Mouloud Zouanbia, aurait assisté à l'enlèvement d'Abderrezak par trois individus armés, vers 10 heures du matin au lieu dit "Bénidja". Le témoin se trouvait dans un microbus et a affirmé avoir vu trois hommes armés s'engouffrer dans la voiture d'Abderrezak au moment où celle-ci ralentissait en raison d'un trou sur la route. La mère du disparu, Mme Nekkache, se rend à Sidi Moussa pour rencontrer ce témoin oculaire, mais l'épouse de ce dernier refuse d'ouvrir la porte, prétextant qu'ils ne savent rien, qu'ils n'ont rien vu et qu'ils désirent qu'on les laisse en paix. Visite des hôpitaux et des morgues : Meftah, Boufarik, Zmirli El Harrach, Blida et Bologhine (corps des non identifiés). Un mois plus tard : visite au commissariat central d'Alger (photos des non identifiés) et à la gendarmerie de Blida. Sans résultats. Fin du Ramadhan . Après moults supplications, la famille réussira à obtenir l'enregistrement de la disparition d'Abderrezak auprès des autorités, le 6 avril 97, soit deux mois et demi plus tard. Le 2 e jour de l'Aïd, les voisins d'Abderrezak à Sidi Moussa, M et Mme F. rendent visite à la famille qui habite à Bouzaréah, pensant y trouver Abderrezak lui-même, que la rumeur disait avoir été "relâché". Le lendemain, ce sont d'autres voisins, M. et Mme Belaroussi, qui se rendent à Bouzaréah, chez la mère d'Abderrezak, pensant y trouver leur ami et voisin. La rumeur qui courait à Sidi Moussa disait qu'Abderrezak et deux autres personnes (lesquelles ?) avaient été retenus par des terroristes et qu'ils avaient été relâchés le jour de l'Aïd. Rumeur rapportée par un épicier de Sidi Moussa. Madame Nekkache entame alors de nouvelles recherches dans les gendarmeries et hôpitaux: Meftah, Médéa, Blida, Sidi Moussa, Berrouaghia. Elle évite de se rendre à Tablat sur les conseils des militaires de Berrouaghia. La famille est jusque là convaincue que c'est l'oeuvre de terroristes, mais, 3 ou 4 mois après la disparition, la famille apprend par une indiscrétion, qu'un gradé de l'armée aurait affirmé devant sa nièce qui évoquait cette affaire: " Ah, l'ex-DG du parc zoologique ! Ce n'est pas les terroristes, il est chez nous". Le même gradé confirme une autre fois cette version auprès de sa nièce et précise "qu'il y a un embargo sur cette affaire". Abderrezak Bessekri a effectivement été DG du parc zoologique 10 ans auparavant. La famille d'Abderrezak se rapproche alors d'ex-collègues et amis d'Abderrezak pour savoir s'il n'y a jamais eu de problèmes du temps où Abderrezak travaillait au parc zoologique. Réponse négative. Un de ses amis et ex-collègue se renseigne également auprès de diverses personnes et autres relations sur le sort d'Abderrezak et rapporte qu'un militaire de la Sécurité militaire (mais qui ?) lui a confirmé que Abderrezak était "chez eux", sans pouvoir en dire plus. Il est abordé un jour par un inconnu du coté de Rouïba qui lui fait comprendre que "s'il continue à chercher Bessekri, on s'occuperait de lui". La famille oriente ses recherches vers les services de sécurité. Septembre-octobre 97 . Un troisième homme, militaire (quel grade ? quel service ?) affirme qu'Abderrezak serait effectivement chez eux, à Bouzaréah, dans une cellule et qu'il passerait beaucoup de temps à lire. Ce détail retient l'attention de la famille car Abderrezak est effectivement un grand lecteur. En janvier ou février 98, ce contact confirme ses dires et précise que c'est une affaire délicate. Il ajoute qu'il serait "entre les mains d'un certain Abdou qui lui en voudrait personnellement au point d'avoir affirmé que "même Dieu ne pourrait le sortir de là". Il n'en sait ou ne veut en dire plus. En novembre 97, Mme Bessekri, la femme d'Abderrezak rencontre le beau-frère de sa voisine, le commandant F. Celui-ci reste silencieux, mais confie néanmoins à son propre frère et à la femme de celui-ci (qui sont les voisins d'Abderrezak à Sidi Moussa) qu'Abderrezak serait en prison. Décembre 97 . Une autre relation militaire confirme que ce serait une affaire délicate. Sans en dire plus. Février 1998. Une amie reçoit un appel téléphonique d'un soi-disant militaire qui lui affirme que mon fils aurait été gardé un an, probablement à Larbaâ, et qu'il aurait été transféré il y a quelques semaines. Pour des raisons évidentes et impérieuses de sécurité, aucun interlocuteur n'a jamais voulu révéler son identité ou celle de sa source d'information. Si ces sources ne sont pas toutes fiables à 100%, elles ont néanmoins ceci de commun : elles rapportent toutes que Abderrezak serait en vie, qu'il serait détenu par un service de sécurité (mais lequel ?) et que ce serait une affaire "extrêmement" délicate. Saisi par l'ONDH, la brigade de gendarmerie de Bouzaréah est chargée de l'enquête. La mère et l'épouse de Abderrezak sont entendues et donnent le nom du témoin qui aurait assisté à l'enlèvement et qui n'a toujours pas, 16 mois après, été entendu par les forces de sécurité. Pourquoi ce témoin n'a-t-il pas été convoqué à ce jour ? Des éléments curieux qui ont sans doute leur importance .
A. Eté 1995. Sur la route de Bab Ezzouar, Abderrezak Bessekri se fait arrêter par une voiture de type Express. Deux personnes se prétendant de la police, sans montrer leur carte, le braquent avec leurs kalachnikovs, lui retirent ses papiers (permis de conduire, carte grise, assurance du véhicule) et repartent sans aucune explication. Abderrezak se rend au commissariat le plus proche (Hussein Dey) puis à celui d'El Harrach. Personne n'est au courant de cette affaire. Il visite tous les autres commissariats d'Alger et de sa proche banlieue. En vain. Il fait une déclaration de vol et refait ses papiers. B. Avril-mai 1996 : (texte de Mme Nekkache, la mère de Abderrezak). La police de Bouzaréah me rend un jour visite à mon domicile, en fin d'après-midi. Elle demande à voir mon fils. J'informe que celui-ci ne vit pas chez moi mais à son domicile propre avec sa femme et ses enfants. Ils me demandent de lui dire de se présenter au commissariat du 18 e au motif que l'on aurait retrouvé sa voiture jetée dans la foret de Bainem. Affolée, je me rends aussitôt après, au commissariat pour avoir plus d'informations. Mon fils habite à Sidi Moussa et les lignes téléphoniques ayant été sabotées, je ne puis le joindre, ni m'y rendre dans l'immédiat en raison de l'insécurité qui y règne déjà. Les inspecteurs du 18 e qui me reçoivent m'avouent ne rien comprendre à cette histoire de convocation et ne rien savoir sur la prétendue voiture retrouvée à Bainem. Le lendemain matin, à la première heure, je me rends à Sidi Moussa, au domicile de mon fils, m'attendant au pire. A ma grande surprise, il nous ouvre la porte, étonné, inquiet même de nous voir débarquer si tôt, pensant à un drame. Sa voiture est là, à coté de chez lui. Il se rend au commissariat du 18 e pour avoir plus d'informations, pensant que cette histoire est peut être liée au vol de ses papiers survenus 10 mois auparavant. (Voir ci-dessus). A sa grande surprise, le commissaire qui le reçoit, ne parle d'aucune voiture mais aborde d'entrée un problème professionnel entre mon fils et l'une de ses clientes, Mme Oucherif, et prend aussitôt l'initiative d'appeler cette femme qu'il semble bien connaître. Mon fils est insulté et jeté en cellule quelques heures de façon illégale. Prévenue par l'ami qui avait accompagné mon fils au commissariat, je me rends au domicile de cette dame Oucherif dont le nom ne m'était plus inconnu, pour comprendre les raisons qui avaient pu pousser cette dame à agir de cette manière. Celle-ci m'avoue qu'elle est effectivement à l'origine de cette histoire et que si elle a agit de la sorte c'est parce que "c'était le seul moyen qu'elle disposait pour pouvoir s'expliquer avec mon fils et que ses bailleurs de fonds exerçaient une pression très forte sur elle et qu'elle avait peur". C. Les relations professionnelles avec madame Oucherif. A l'époque des faits, Abderrezak Bessekri dirige une entreprise de construction et travaille exclusivement avec les entreprises publiques. Le seul chantier d'ordre privé qu'il a accepté de diriger est celui de monsieur et madame Oucherif qu'il connaît de longue date, puisque cette dernière fut sa secrétaire lorsqu'il était DG du parc zoologique. Leurs relations ont commencé à se détériorer à partir du moment où ils furent liés par une convention de travaux portant sur la construction d'un local commercial situé à Bouzaréah, pour le compte de madame Oucherif, que je joints en annexe, lui faisant part de sa volonté de trouver une solution définitive à leur différend, non sans rappeler par le menu, l'historique de leurs relations. Par la suite : Devant l'impossibilité de régler à l'amiable leur différend, les tribunaux ont été saisis. Le premier jugement a été rendu le L'avocat de mon fils a été enlevé quelque temps après. Mon fils a été enlevé 3 mois plus tard. En appel, et après expertise demandée par les parties, la Cour a établi le montant exact de la dette de mon fils que j'ai acquittée aussitôt. En revanche, les matériaux de construction et outillages dont la justice a ordonné la restitution à l'entreprise de mon fils, n'ont jamais été restitués.
Questions : Qui est ou qui sont ces bailleurs de fonds auxquels mon fils fait référence dans sa lettre et qui faisaient si peur à madame Oucherif ? Quelle est la nature des relations de madame Oucherif et de ce commissaire qui a outrepassé ses compétences ? Existe-t-il vraiment un certain Abdou qui garderait mon fils et en ferait une affaire personnelle ? Pourquoi le témoin de l'enlèvement n'a-t-il jamais été convoqué ? La disparition de mon fils a-t-elle un lien avec celle de son avocat (et voisin), Me Touil, enlevé le 17 octobre 97, soit trois mois avant, dans la même région ? |
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www.algeria-watch.org
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