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RABAH BENLATRECHE A Monsieur Le Président, Parlez clairement S V P. Vous nous rendez malade par vos déclarations inconsidérées et contradictoires. Je n’exagère pas ; beaucoup de familles que je rencontre chaque mercredi se plaignent d’être devenus sujet au diabète a la dépression artérielle et au stresse par suite de vos déclarations (Bien sur il est difficile d’établir la relation directe de ces états pathologiques). Je dois vous rappeler
que j’ai eu le plaisir de vous rencontrer à trois
reprises en 2001 et 2002. Par ailleurs j’ai pris connaissance de toutes vos déclarations parues dans nos quotidiens nationaux, particuliérement celle parue au journal arabophone El-Khabar du jeudi 22.04.04 par laquelle vous affirmez qu’il n’y a aucun survivant parmis les disparus qui sont de l’ordre de 7250 personnes. Je suis très
perplexe quant au sens qu’il faut accorder à cette
affirmation. Si je m’en tiens à la qualité de vos
fonctions de président de commission ad hoc, j’en déduit
que vous avez exprimé une vérité avec cependant quelques
ambiguïtés
; C’est à dire que vous êtes en possession de preuves
qui établissent le décès de ces victimes dans le
quel cas vous êtes dans l’obligation d’informer les
familles du décès des leurs et du lieu ou ils sont enterres. S’agissant des victimes enlevées par des terroristes ou
par des groupes d’oppositions armées, malheureusement votre
affirmation ne peut être que vraie (je ne peux imaginer que des
groupes terroristes qui sont traqués et pourchassés par
les forces de sécurité tous corps confondu puisse s’encombrer
de prisonniers) S’agissant des victimes enlevées par les
services de sécurité votre affirmation est très
grave ; elle peut être comprise par nous familles des disparus
forcés comme un appel à liquidation de tout témoin
(victime acteur). C’est pour quoi, je me crois fondé à ne pas accorder beaucoup d’importance à toutes vos déclarations rapportées par la presse et qui sont contradictoires, les unes aux autres ; tantôt vous affirmez que vous n’étés q’un organe de proposition et de consultation, tantôt vous vous créditez d’un pouvoir d’investigation. Je pense que la
démarche qui transparaît à travers
vos déclarations a un relent politique visant à mettre
dans la même dimension du malheur des familles victime du terrorisme
et celle des familles de disparus victime des services de sécurité,
(ce qui est au font très juste pour ce qui est du malheur qui
les affectent) L’objectif politique qui me semble transparaître
est celui de nous amener à souscrire les uns et les autres au
processus de la réconciliation national. Car en fait qui se réconcilie avec qui ? ü Est- ce que
une partie de la population qui a pris les armes contre une autre partie
? Il n’y a rien de tous cela. C’est le peuple qui a rejeté un 11 décembre 1991, le pouvoir militaire sous un travesti civil. C’est une partie de l’opposition qui a pris les armes contre
ce même pouvoir. Donc c’est le pouvoir qui doit se réconcilier
et avec le peuple et avec l’opposition armée et non armée. Qui a crée les centres d’internements du sud, qui a poussé aux maquis, qui a crée les milices qui a crée les patriotes, qui a crée les G.L.D, qui les a armés ? Pour quoi le djoundi est mort, pour quoi le gendarme est mort, pour
quoi le policier est mort pour quoi le moudjahid est mort, pour quoi
le terroriste est mort, pour quoi les uns et les autres sont devenu assassins
et tortionnaires. L’état est responsable mais pas coupable dite vous. Qu’elle belle trouvaille, je ne peu épiloguer là dessus, mes capacités intellectuelles limitées ne me permettent de ne retenir du concept état que la notion de morale. Pour ce qui m’intéresse je ne veux retenir que la notion
de responsabilité des personnes physiques incarnant l’état.
Dans quel cadre ont-il agit est-ce en conformité de la charte
et conventions de l’état, aux respects des chartes et conventions
internationales ratifiées par l’état, ou bien en
violation de ces préceptes ? QUI EST RESPONSABLE DE CETTE DISPARITION ET QUE REPRESENTE LES ACTEURS QUI SE SONT ARROGER LES FONCTIONS DE L’ETAT DURANT CETTE PERIODE ? Vous avez également affirmez que des agents de service de sécurité se sont rendu coupable de dépassement sur des citoyens civils en violation des ordres de leurs chefs. Excusez-moi maître je me retiens devant cette assertion, la meilleure réponse, maître est celle de la vérité, de la raison. Croyez-vous sincèrement que les cadavres qui s’exposés délibérément dans les quartiers populaires de Constantine particulièrement et ceux des autres villes soient l’œuvres des agents de sécurité subalternes qui auraient contre-venu aux ordres de leurs chefs. Dans ce cas pourquoi le procureur du tribunal militaire, le général de la 5em région militaire que j’avais saisi par lettre recommandée avec accuse de réception pour l’enlèvement de mon fils en évoquant le cas des cadavres dans les quartiers de Constantine, n’ont pas réagit par l’ouverture d’une enquête ou par mon implication pour dénonciation calomnieuse portant atteinte à corps constitué. Pourquoi ne pas avoir répondu au document que je vous ai remis ! N’y avait-il pas matière. Maître vous êtes bien placé pour appréhender
les malheurs de notre société de par la fonction que vous
avez choisie et de par la mission qui vous est confié. Faut-il pour régler le problème de nos disparus en faire
d’autres victimes en actionnant la justice contre ceux qui étaient
sensés SERVIR « L’ETAT » Maître vous avez fait un judicieux et courageux constat je vous en félicite, je vous approuve et vous apporte tout l’appuie des familles des disparus forcés pour avoir RECONNU LA DISPARITION DE L’ETAT DE 1992 A1998.MAIS ALORS LES COUPABLES, LES VRAIS COUPABLES AU PLUS HAUT DEGRE SONT A CHERCHER DANS LA SPHERE DE CEUX QUI ONT FAIT DISPARAITRE L’ETAT EN ELABORANT LA STRATEGIE DE LA TERREUR ET DE LA VIOLENCE. Maître si réellement on veut régler définitivement le douloureux problème des disparus c’est d’être a l’écoute des familles victimes d’abord, d’appréhender ensuite la question dans toute son implication, car il ne s’agit pas seulement de problème d’indemnisation de famille de victimes des services de sécurité ou de terroriste. Il est du devoir de chacun de nous de connaître la vérité de notre tragédie, il y va de notre réhabilitation en tant que victime, en tant que société, en tant qu’état que seule une commission d’enquête pour la vérité et la justice peut accomplir pour notre moral , notre honneur et pour notre salut en tant que société, en tant que peuple libre. Je vous prie d’agréer, maître, l’expression de ma haute considération.
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www.algeria-watch.org
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