Saisine de la procédure d’urgence du Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires de l’ONU

Collectif des familles de disparu(e)s, 30 mai 2008

Mohamed Ben Nissoum, résidant à El Oued et âgé de 47 ans, a disparu depuis le 12 mars 2008. Ce jour là, vers 19h00 Mohamed est sorti pour se rendre au taxiphone et téléphoner suite à un appel qu’il venait de recevoir. Ne voyant pas Mohamed revenir, Aïcha, son épouse a essayé de le joindre sur son portable mais il n’a jamais répondu. Le 15 mars, Aicha s’est présentée au commissariat de Guemmar pour déclarer la disparition de son mari où les policiers lui ont répondu ne pas détenir Mohamed.

D’après le témoignage du père de Mohamed Ben Nissoum, trois amis de Mohamed ont été arrêtés à Oued R’hiou, wilaya de Relizane quelques jours avant la disparition de Mohamed.

Mohamed Kessas, Mustapha Bouzeguza et Abdelkader Bettahar ont été interpellés par des agents du Département pour le renseignement et la sécurité avant de disparaître également d’après le témoignage de Djilali Ben Nisssoum qui réside à Oued R’hiou. Mohamed Kessas a, depuis quelques temps, été localisé à la prison de Serkadji tandis que Mustapha Bouzeguza a été libéré il y a une semaine. Abdelkader Bettahar est quand à lui disparu à ce jour.

Il semblerait que Mohamed Ben Nissoum se trouverait détenu au secret à la caserne Antar, selon certaines sources.

Toutefois ni le père de Mohamed, ni Aïcha, sa belle –fille n’ont obtenu d’information sur le sort de leur fils et mari depuis le 12 mars, soit depuis près de 3 mois.

Le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA), SOS Disparu(e)s et la famille Ben Nissoum craignent pour la vie et l’intégrité physique et morale de Mohamed Ben Nissoum, privé de sa liberté et de ses droits les plus élémentaires à connaître les motifs de sa détention et à bénéficier de l’assistance d’un avocat et s’inquiète du sort qui lui est réservé.

C’est pourquoi, le CFDA et SOS Disparus demandent au Groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU (GTDF) et à toutes les instances onusiennes de se mettre rapidement en contact avec les autorités algériennes pour qu’elles donnent des informations sur le sort de Mohamed Ben Nissoum et qu’elles le remettent sous la protection de la loi.

Paris, le 30 mai 2008

P/Le CFDA

Nassera Dutour

Porte-parole

   
www.algeria-watch.org