Pour des soupçons liés au combat en Irak

Nouvelles arrestations à l’ouest algérien

El Khabar, 27 juillet 2006

Les arrestations parmi les personnes soupçonnés de « vouloir » aller combattre en Irak se poursuivent dans la wilaya de Tiaret (340 km au sud-ouest d’Alger), où de nouvelles interpellations viennent d’être enregistrées. En effet, les familles des quatre nouveaux arrêtés, appréhendés entre mars et juin 2006, indiquent que leurs proches n’ont émis jusqu’à maintenant aucun signe de vie. Il est à noter, cependant, que ces interpellations ne sont pas clairement fondées.
Les personnes concernées par ces nouvelles arrestations sont Mohamed Habib Boukhatemi, appréhendés le 18 juin, Abdelhak Belmezrouk, arrêté en mars dernier au sein de la résidence universitaire de Tlemcen, Aârab Madjid, interpellé en avril et Zineddine Belassel, appréhendé par les forces de sécurité en juin. Les parents des détenus nous ont indiqué, dans un appel téléphonique, qu’ils ignorent le lieu où leurs proches sont incarcérés. Citant des sources locales, nos interlocuteurs soulignent que les arrestations ont été effectuées suite à une enquête diligentée par les services de sécurité sur d’éventuelles contactes qu’il auraient entrepris avec un réseau de recrutement de combattants pour le compte de la résistance irakienne.

L’avocat de certains mis en cause, Amine Sidhoum, a dénoncé « le non respect de l’article 51 du code des procédures pénales qui fixe la période de garde à vue à 12 jours », en signalant en outre le non respect du droit des prévenus à contacter leurs familles. L’avocat note que les procédures sur la base desquelles ces personnes ont été arrêtées sont « contraires aux conventions internationales sur les droits de l’homme que l’Algérie a, elle-même, ratifié ».
Cette vague d’arrestations qui s’est déclenchées à Tiaret, indique clairement que les services de sécurité soupçonnent les personnes appréhendées de liens avec un réseau de recrutement de futurs combattants en Irak, dans la wilaya. Le nombre des personnes arrêtées dans ce cadre avoisine les 20, incarcérés actuellement dans les deux établissements pénitentiaires de Serkadji et d’El Harrach, situés tous les deux à Alger. La nature des chefs d’inculpations dont les mis en cause sont accusés restent cependant ambiguës : sont-ils poursuivis pour des accusations liées au terrorisme international ? Vont-ils bénéficier des dispositions de la réconciliation nationale ?
Des sources sécuritaires ont, en outre, indiqué que plusieurs Algériens ayant combattu en Irak ont été arrêtés dès leur retour, et ont été soumis à des enquêtes avant d’être élargis. Les services de sécurité ont toutefois confisqué leurs passeports, et les concernés n’ont pas été autorisés à s’en faire délivrer de nouveaux, selon d’entre eux qui se sont déplacés au siège d’El Khabar pour exposer leurs problèmes.

2006-07-27
Par : Hamid Yes

 

  Disparitions à Tiaret (CFDA., 25.07.06)  
www.algeria-watch.org