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L’Algérie condamnée par l’ONU pour les disparitions forcées
SOS Disparus vous invite à une Conférence de presse, le dimanche 18 juin, à 11 heures, au siège de SOS Disparus, 13 Boulevard Mohammed V, Alger afin de présenter les condamnations de l’Algérie dans les cas de Salah Saker et Riad Boucherf.
Le 30 mars 2006, le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, ayant pour mandat d’assurer le respect par les États des droits de l’Homme inscrits dans le Pacte international des droits civils et politiques, a reconnu l’Algérie coupable de graves violations pour les disparitions forcées de Salah Saker et de Riad Boucherf. Salah Saker, enseignant, a été arrêté par la police à Constantine en mai 1994. Riad Boucherf, a été enlevé par les forces de l’ordre à Alger en juillet 1995. Tous les deux ont ensuite été emmenés dans des commissariats, mais leurs familles ne les ont plus jamais revus. Ils ont disparus. Pendant des années, rongées par une même douleur, Mme Madame Bousroual, épouse de Monsieur Saker, et Madame Boucherf, ont écrit à toutes les instances algériennes pour retrouver les leurs. Madame Boucherf déposera 14 requêtes, entre 1995 et 1998, devant la justice, elles seront toutes classées sans suite. Devant l’attitude méprisante des autorités et le mutisme de la justice algérienne, Madame Saker et Madame Boucherf se sont engagées dans le mouvement de défense des mères de disparu(e)s en Algérie et imposées comme des porte-drapeaux du combat pour la vérité et la justice. En 2000, Madame Saker mandate Maître Sofiane Chouiter, et en 2003, Madame Boucherf, mandate le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) afin que des plaintes pour la disparition des leurs soient déposées devant le Comité des droits de l’Homme de l’ONU. Aujourd’hui, les décisions rendues par le Comité, au cours de la même session, dans les affaires de Salah Saker et de Riad Boucherf, sont des précédents : il s’agit des premières condamnations prononcées par le Comité onusien contre l’Algérie. Le Comité laisse 90 jours à l’État algérien pour mener « une enquête approfondie et diligente sur la disparition et le sort de Riad Boucherf et Salah Saker et de remettre ceux-ci immédiatement en liberté si ils sont toujours en vie… ».
C’est une victoire pour les familles de disparu(e)s auxquelles le Comité reconnaît le droit d’introduire des requêtes devant l’ONU au mépris des injonctions de l’État algérien. En voulant fermer l’accès à la justice pour les victimes de l’État, l’Algérie a ouvert la voie à toutes les familles de disparu(e)s pour recourir aux instances internationales.
SOS Disparus, le CFDA et leur avocat Maître Sofiane Chouiter demandent à l’État algérien la libération immédiate de Riad Boucherf.
Fait à Alger, le 16 juin 2006
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Constatations du Comité des droits de l'homme des Nations-Unies à propos de l'enlèvement et la disparition de M. Salah Saker (pdf, 30.03.06) Constatations du Comité des droits de l'homme des Nations-Unies à propos de l'arrestation et la disparition de M. Riad Boucherf (pdf, 27.04.06) |
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www.algeria-watch.org
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