| |
|
Algeria-Watch
Les autorités algériennes refusent de délivrer
un passeport à Salah-Eddine Sidhoum
Paris le 6 juin 2004
L’association Algeria-Watch attire l’attention sur le fait
que Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien et militant des droits de l’homme
en Algérie, avec qui elle collabore étroitement, se voit
refuser l’établissement d’un passeport lui permettant
de circuler librement.
Salah-Eddine Sidhoum avait déposé le 26 janvier 2004 le
dossier de renouvellement de son passeport à la daïra (sous-préfecture)
de Sidi M'Hamed (Alger). A chaque fois qu’il se présentait
au guichet de cette administration, il lui était répondu
que la fiche de police n'était pas encore revenue du commissariat
de Cavaignac, siège de la police judiciaire. Fin mai, soit plus
de quatre mois après le dépôt, le préposé au
guichet de la daïra (sous-préfecture) lui a répondu
que la police judiciaire avait émis un avis défavorable
pour la délivrance d'un passeport sans toutefois lui donner ni
verbalement ni par écrit le motif de ce refus arbitraire, alors
que la loi stipule que l'administration doit signifier par écrit
le motif du refus et ce, un mois après le dépôt du
dossier. En plus de cela, lorsque le préposé de la daïra
lui a rendu son dossier de demande de passeport, M. Sidhoum a constaté que
deux photos d'identité manquaient, probablement confisquées
par la police pour mettre à jour leur fichier.
Nous rappelons que Salah-Eddine Sidhoum, avait, en raison de ses dénonciations
des graves violation des droits de l’homme en Algérie depuis
1992, fait l’objet en 1994 d’une campagne de calomnie, d’une
tentative d’assassinat par les escadrons de la mort et en 1997
d’une condamnation à vingt ans de prison par contumace pour « appartenance à un
groupe terroriste ». Après avoir passé près
de neuf ans en clandestinité sans interrompre ses activités
de défenseur des droits de l’homme, il avait décidé de
se rendre à la justice le 29 septembre 2003 pour faire opposition
au jugement. A l’issue d’une grève de la faim totale
et soutenu par une campagne internationale exigeant sa libération,
il a comparu le 16 octobre 2003 devant le tribunal criminel d’Alger
qui l’a acquitté et libéré. Depuis Salah-Eddine
Sidhoum a repris ses activités professionnelles et militantes.
Il est clair que ce refus arbitraire de lui délivrer un passeport
est en rapport avec son engagement politique de défenseur des
droits de la personne humaine. L’interdiction de facto de quitter
le territoire algérien a pour objectif de réduire ses mouvements
et ses contacts sur le plan international.
Nous protestons vivement contre cette sanction et demandons aux autorités
algériennes de délivrer à Salah-Eddine Sidhoum son
document de voyage.
Nous vous prions d’adresser des lettres aux autorités suivantes
pour demander la levée de cette sanction arbitraire et infondée.
Adresses :
- M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République
Fax (00 213) 21 744 721, President@el-mouradia.dz
- M. Yazid Zenhouni, Ministre de l'Intérieur, Ministère
de
l'Intérieur, 18 rue Docteur Saâdane, Alger / Algérie,
Fax (00 213) 21 73 61 06
- M. Tayeb Belaïz, Ministre de la Justice, Ministère de la
Justice, 8 Place Bir-Hakem El-Biar, Alger / Algérie, Fax (00 213)
21 92 21 95
- M. Farouk Ksentini, Président de la Commission Nationale Consultative
de Promotion et de Protection des Droits de l'Homme : Tel/Fax (00 213)
21 939 005/ (00 213) 21 239 037
---------------------------------
Prière de nous informer
des initiatives que vous prenez.
mail: algeria-watch@gmx.net
|
|
|