|
|||||
Le printemps berbère ne sera pas vain!En reconnaissant le statut de martyrs aux victimes du printemps berbère, le Président Bouteflika reconnait que la lutte contre son régime est légitime! Quelle belle victoire! par Salah Eddine Sidhoum
et Djamaledine Benchenouf, 21 avril 2009 Il y a huit ans, le 21e anniversaire du printemps berbère fut transformé par la voyoucratie criminelle d’Alger en hécatombe, en cérémonie morbide de sang et de larmes, où la bestialité et le sadisme des criminels qui nous gouvernent se donnèrent libre cours. Plus de 120 manifestants, parfois des passants, dont des femmes et des adolescents, furent lâchement assassinés par les services de répression, de façon quasi méthodique, pour tuer et estropier. Les “forces de l’ordre” qui avaient été dépêchées en Kabylie avaient reçu des ordres sans équivoque, tirer pour tuer, sans hésitation, tirer à balles réelles, avec des munitions spéciales, conçues pour provoquer des dégâts irréparables. Ce fut une répétition des massacres d’octobre 88, avec néanmoins une portée “pédagogique” à l’intention des contestataires: Le régime était décidé à noyer dans le sang cet éveil civique et citoyen, avant qu’il ne se propage aux autres régions du pays. L’étincelle qui avait mis le feu aux poudres avait été l’assassinat par un gendarme du jeune lycéen Guermah Massinissa, 19 ans. Ce crime ignoble fut l’étincelle qui embrasa la Kabylie et de nombreuses régions d’Algérie, sauf que le régime usa de toutes ses ressources pour circonscrire la révolte, et la limiter à la seule Kabylie. Il savait que si les autres régions du pays se soulevaient en même temps que la Kabylie, ce serait le glas pour lui. Il mit tout en oeuvre pour empêcher la jonction des révoltes. Cette révolte légitime et digne, contre un désordre établi érigé en « État », fut noyée dans le sang. De façon effroyable et sans état d’âme. Sans autre préoccupation que d’y mettre fin. Ce fut, comme à l’accoutumée, comme à chaque révolte, la seule réponse dont fut capable ce régime illégitime aux légitimes revendications populaires. Certains analystes de salon nous expliquèrent que ces sanglants événements étaient une tentative d’un clan du régime pour déstabiliser le président du pouvoir apparent, dans le cadre des luttes dites de clans (de gangs serait plus juste). Huit ans plus tard, ce président à répétition ad nauseam, a osé dire devant les familles même des victimes, toute honte bue, et sans sourciller, « qu’il ne sait toujours pas qui, d’un côté ou de l’autre, a provoqué ces événements » !!!! Nous croit-il naïfs au point où nous pourrions gober cette énormité, ou bien était-il sincère? Qu’il sache, si tant est qu’il l’ignorait, ce quatre-quarts de président, que si lui ignore les tenants qui sont derrière ce complot, le peuple algérien, et tout particulièrement nos compatriotes en Kabylie, n’ont aucun doute que cette tragédie a été une opération délibérée, mûrement réfléchie, menée de bout en bout par ces forces mauvaises qui ont appris à susciter la violence pour la retourner ensuite contre les populations. Si la Kabylie ne s’est pas soulevée, toute entière, de toutes ses forces, c’est parce qu’elle avait compris que cela arrangeait les calculs des apprentis stratèges qui voulaient la couper définitivement de la mère patrie. En reconnaissant, cependant le statut de martyrs à ceux là même que les troupes dont il censé être le commandant en chef ont assassinés, Monsieur Bouteflika reconnait officiellement, et de façon éclatante, que la révolte contre l’oppresseur était légitime, et par conséquent que son régime est illégitime, et que le combat doit donc continuer, puisque c’est le même régime qui perdure. C’est là une victoire qui a été arrachée au régime, et non pas octroyée par lui. L’assassinat de dizaines de nos compatriotes ne leur a pas suffi. Ils ont, par la suite, entrepris de déstabiliser et de désamorcer le mouvement citoyen en Kabylie, en destructurant les mouvements de contestation, en y semant la discorde. Comment comprendre, sinon, qu’un État digne de ce nom accepte de retirer un corps comme celui de la gendarmerie de toute une région du pays, dans une région majoritairement rurale où la police ne pouvait pas intervenir? La révolte populaire du printemps berbère était l’évènement qui devait donner naissance à un puissant mouvement citoyen. Une dynamique qui aurait pu transcender la vision partisane et susciter l’espoir pour l’avènement d’une démocratie authentique. Hélas, les sempiternels conflits partisans, les tentatives de récupération du mouvement, les problèmes de leadership et les infiltrations et manipulations des « services » ont eu raison de ce mouvement populaire. Ce qui fut l’annonce d’un éveil des consciences se métamorphosa, par la “grâce” des forces qui veillaient au grain, en un immense gâchis. Le Mouvement culturel berbère authentique de 80 qui bravait les interdits de l’époque de la révolution socialiste « triomphante » et « irréversible », pour réclamer les libertés démocratiques et la reconnaissance d’un pan de notre Algérianité qu’est l’Amazighité, connaîtra, à son tour, une triste fin. Le MCB qui se voulait un mouvement de masse, culturel, identitaire et autonome des partis politiques, se verra sacrifié en 1989 sur l’autel des prétentions personnelles et des calculs politiciens. Déchiqueté, chaque parti ou mouvement créera son MCB. Et c’est ainsi qu’on se retrouvera avec quatre MCB à l’ère du « pluralisme ». Le printemps berbère, la supercherie démocratique d’octobre 88, le mouvement citoyen de 2001, autant de circonstances historiques pour unir les forces politiques et mobiliser le peuple contre ce régime illégitime et autant d’occasions perdues. Encore une fois, la force du régime a mis à profit nos pathétiques divisions, elle continue de se nourrir de nos faiblesses, de nos ego et de nos actions en rangs dispersés. Aujourd’hui, malgré les ressources massives dont nous a gratifié l’augmentation du prix du baril, notre situation est pire qu’elle n’a jamais été. De nouvelles forces, issues du même sérail mais qui sont décidées à accaparer nos richesses, sont en phase de concrétisation. La ré-ré-élection de Monsieur Bouteflika procède de cette démarche. Rien, si ce n’est l’éveil des consciences, ne pourra arrêter cette inexorable main mise sur notre pays, sur nos richesses, et sur l’avenir des générations montantes. Devant la gravité de la situation, l’intérêt de la Nation doit primer sur l’intérêt partisan ou clanique. Devant la gravité de la situation, ni une seule personne, quelque soit son intelligence et son charisme, ni un seul parti, quelque soit son ancrage dans la société, ne pourront résoudre cette crise politique qui a ébranlé les fondements de la Nation et qui menace de l’anéantir. Seul un rassemblement de toutes les forces politiques sans exclusion, autour d’un Compromis politique historique, est susceptible de relever la nation et de la remettre sur le chemin de la dignité, de la justice et de l’honneur. Tendus vers cette aspiration à l’union de tous nos compatriotes, et de toutes nos forces vives qui n’ont pas été déstabilisées ou récupérées par l’oligarchie, des Algériennes et des Algériens ont lancé l’Appel du 19 mars 2009, appel qui a connu une large adhésion, malgré le black out imposé par une certaine presse aux ordres. Mais, s’il est certain que cet Appel a provoqué une réaction salutaire de nombreux de nos concitoyens, il appartient à tous, et particulièrement ceux qui sont aux avant postes de la contestation, de descendre sur le terrain de la réalité: Celui de l’union de toutes les forces positives. Sans précipitation. Patience, persévérance et perspicacité seront nos maîtres mots. L’union face à l’oppresseur sera notre leitmotiv! Que chaque algérien, de quelque tendance politique soit-il, se mobilise pour propager les consignes suivantes: Appel à la mobilisation autour des valeurs et principes démocratiques de cet Appel. Occuper le terrain et utiliser tous les moyens de lutte pacifique. Commençons notre communion patriotique en nous inclinant comme un seul homme, de quelque région puissions nous être, à la mémoire de ces innocentes victimes du printemps berbère, et de toutes les victimes des drames provoqués par ce régime criminel depuis l’aube de l’indépendance. Il est dans nos moyens de chasser l’oppresseur, pour peu que nous prenions conscience que notre puissance réside dans notre union. Salah Eddine Sidhoum |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||