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Réforme de la loi sur l’information Suspicion chez les professionnels des médiasEl Watan, 14 septembre 2011 L’agrément de nouveaux titres sera soumis au quitus... Tiédeur et suspicion. L’annonce de la levée (prochaine) du monopole public sur le champ audiovisuel est accueillie avec froideur et circonspection par les professionnels des médias. Et pour cause ! L’ambiguïté entourant la démarche (verticale) des pouvoirs publics n’augure pas d’une réelle ouverture du paysage audiovisuel. Le pouvoir politique annonce d’ores et déjà qu’il gardera la main haute sur la délivrance des autorisations d’émettre et maintient le flou sur le contenu de la «loi spécifique» annoncée pour compléter les dispositions de la nouvelle loi organique sur l’information. Même s’il concède quelques points positifs au nouveau code de l’information : dépénalisation du délit de presse et suppression des peines privatives de liberté, Amarni craint que cette «ouverture» ne tourne court. «Pourquoi créer une instance de régulation de l’audiovisuel en sachant qu’elle ne sera pas fondée de pouvoir et qu’elle aura une existence de pure forme ?», s’interroge-t-il. Pour preuve, précise-t-il, les cinq dossiers de demande d’agrément actuellement sur la table du gouvernement émanent de grands chefs d’entreprise, tels que Haddad (ETRHB), Rebrab (Cevital), Djillali Mehri, patron du groupe éponyme, Echourrouk, BeurTV, etc. Journaliste free-lance, El Kadi Ihsan ne crie pas à la «révolution» médiatique. Les «officines» au pouvoir procéderont, selon lui, au «cas par cas» en privilégiant l’octroi d’agréments aux seuls «produits amis», entendre par là, les investisseurs et autres hommes d’affaires proches du «palais». «Car je ne vois pas ce qui empêcherait que Haddad (patron de l’ETRHB) possède sa propre chaîne de télévision (…).» La loi, telle qu’elle a été conçue, confère au pouvoir le moyen de choisir lui-même les opérateurs avec lesquels il voudrait traiter. Ouverture…sur les puissances de l’argent ?Belkacem Mostefaoui, professeur et directeur adjoint de l’Ecole supérieure de l’information et la communication, se dit tout aussi sceptique. «C’est un leurre, juge-t-il. Sous couvert d’ouverture, le pouvoir ne cherche qu’à faire profiter les copains et les coquins proches du château, les premiers qui seront servis quand il sera question de création de chaînes privées.» «les réformes d’après-88 étaient plus ambitieuses»La tentation est forte de copier en la matière les modèles égyptien, libanais, tunisien, marocain, italien... avec une «marchandisation» effrénée de l’audiovisuel faite d’une foultitude de chaînes commerciales créées par les «compagnons idéologiques» des régimes. «Il y a une strate sociale algérienne qui, souligne-t-il, a gagné beaucoup d’argent, singulièrement depuis le début du terrorisme et par l’accroissement de la rente pétrolière et il y a ceux qu’on peut désigner comme les ‘‘nouveaux entrepreneurs en audiovisuel’’ qui veulent placer leurs billes, parce que c’est rentable (publicité, visibilité, lobbying). Je crains, en effet, que la société algérienne, qui n’a jamais connu de service public de l’audiovisuel, dans le vrai sens du terme, ne le connaisse jamais, parce que cette ouverture est annonciatrice de création de télés commerciales créées par les seuls rentiers du sérail et dans ce cas, on perdrait beaucoup de plumes en matière de droit à l’information.» Journaliste à l’Agence presse service, Mustapha Aït Mouhoub, également animateur de l’«Initiative pour la dignité du journaliste», regrette que la revendication d’ouverture médiatique soit traitée avec des «demi-mesures». «Soit, on ouvre complètement en mettant des garde-fous, soit on continue à verrouiller le paysage, mais on ne peut se satisfaire de demi-mesures.» Il s’agirait néanmoins d’une «première», une «ébauche d’ouverture», mais le défi est plus «important». Car en plus de l’ambiguïté entourant la démarche des pouvoirs publics, les «conditions objectives» pour le lancement de chaînes privées ne sont pas réunies, d’après lui. «L’absence totale d’un marché et d’une industrie de l’image est un handicap sérieux. Ce ne sont certainement pas les quelques boîtes audiovisuelles privées qui pourront combler ce vide», affirme Aït Mouhoub. |
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www.algeria-watch.org
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