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PRESSE
Essabah Al Djadid
suspendu
L'Expression,
04 décembre 2004
Selon les responsables
du journal, le prétexte de l'accumulation
des dettes ne tient pas la route. Le quotidien arabophone Essabah Al
Djadid n'a pas paru mercredi et jeudi. Les trois imprimeries publiques, à savoir
la SIA, la SIE et la SIO, ont décidé, en effet, de bloquer
l'impression du journal sans au préalable, aviser ses responsables.
Dans un communiqué rendu public, jeudi 2 décembre, la direction
d'Essabah affirme ignorer les motifs de cette suspension et conteste le prétexte
du règlement des créances que les directeurs des deux sociétés
d'impression de l'Est et de l'Ouest ont avancé pour expliquer cette
suspension surprenante à plus d'un titre aux yeux de l'équipe
rédactionnelle d'Essabah.
Le rédacteur en chef de la publication, Nesser Edine Kacem, que nous
avons interrogé, balaie d'un revers de la main l'information quant à l'accumulation
des dettes, considérant dérisoire les 90 millions de centimes
que la publication doit à la SIE et qui ne constituent, selon lui, en
aucune manière une raison valable pour procéder, sans préavis
de surcroît, à la suspension du journal.
De même pour la cause de panne technique que la direction de la SIA brandit. « S'il
y a eu réellement panne technique pourquoi seulement Essabah se retrouve
seul suspendu », se demande M.Kacem comme pour récuser cette
version des faits. Ce dernier dénonce l'opacité dans laquelle
est gérée cette affaire. Toutes les excuses avancées ne
tiennent pas d'après lui, debout.
En l'absence d'une explication sensée et face à la fin de non-recevoir
que les responsables des trois imprimeries ont opposé à la direction
du journal, M.Kacem ainsi que les journalistes, sans être pour autant
formels, n'écartent pas le caractère politique d'une telle décision. « Nous
avons publié récemment plusieurs articles, notamment sur l'implication
d'un ancien président de parti algérien avec les services secrets
marocains qui, semble-t-il, n'ont pas été du goût des responsables
du pays », soupçonne notre interlocuteur qui affirme que la
direction du journal avait pris attache depuis le début avec l'ensemble
des parties concernées pour comprendre les motifs de la suspension.
Amine GOUTALI |
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