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PRESSE
ET JUSTICE
Le
parquet d’Alger requiert six mois de suspension pour “Le
Soir d’Algérie”
Le
Soir d'Algérie, 26 janvier 2005
Une
suspension de six mois a été requise hier par le ministère
public près le tribunal de Sidi-M’hamed à l’encontre
du journal Le Soir d’Algérie dans une affaire de diffamation
qui l’a opposé à la Banque de développement
local (BDL).
Dans la même affaire, le magistrat a requis à l’encontre
du directeur de la publication Fouad Boughanem six mois de prison ferme
et 50 000 DA d’amende. A noter qu’il s’agit d’une
première dans l’histoire de la presse algérienne, où un
magistrat requiert une telle peine à l’encontre d’une
publication. L’affaire en elle-même remonte à 2001,
lorsque deux cadres exerçant au niveau de la BDL ont déposé plainte
contre Le Soir d’Algérie. La banque a utilisé son droit
de réponse, à savoir la publication de sa mise au point en
date du 27 février de la même année, soit une semaine
après la publication de l’article en question. Les deux cadres,
non contents de leur droit de réponse, ont déposé une
plainte avec constitution de partie civile. L’affaire instruite par
la huitième chambre a été renvoyée devant le
tribunal. La même instance a jugé cette affaire en dépit
de l’absence du directeur de la publication du journal, a-ton constaté hier.
Il est à signaler également qu’un seul cadre de la
BDL était présent à cette audience. “Le recours à cette
mesure de fermeture provisoire ne peut avoir lieu que lorsqu’il y
a violation des dispositions du code de l’information telles quelles
sont prévues à l’article 99. Il s’agit d’un
précédent grave qui, non seulement porte atteinte à l’existence
même de la presse écrite, mais elle risque de d’effacer
la liberté d’expression en Algérie”, dira Me
Khaled Bourayou. Cela étant, la même juridiction dans une
autre affaire de diffamation mise en délibéré a prononcé la
relaxe au profit du directeur de la publication du Soir d’Algérie,
Fouad Boughanem, et la condamnation à six mois de prison ferme des
journalistes Rédha Belhadjoudja et Farid Alilat. Ces deux derniers
ont été également condamnés chacun d’eux à une
amende de 250 000 DA, alors que le journal Libertéa été condamné à verser
au profit de la partie civile 250 millions de centimes de dommages et intérêts.
De son côté, un autre journaliste du Soir d’Algérie,
en l’occurrence Zoubir Souissi, a été condamné à 50
000 DA d’amende et le versement de 200 000 DA de dommages et intérêts à la
partie civile dans une affaire de diffamation qui l’a opposé à un
cadre de la BDL. La journée d’hier a été marquée également
par la prononciation du verdict dans l’affaire ayant opposé les
journaux El Watanet El Khabarà la DGSN et au ministère de
l’Intérieur. Mise en délibéré, le verdict
a été qualifié de très “sévère”,
dans la mesure où les journalistes “incriminés”,
en l’occurrence Salima Tlemçani et les directeurs des journaux
d’ El Watan et El Khabar ont été condamnés à six
mois de prison avec sursis et à 50 000 DA, alors que les dommages
et intérêts ont été évalués à 300
millions de centimes que les parties concernées sont appelées à verser
au profit de la partie civile. Par ailleurs, il y a lieu de noter que le
directeur de publication du journal El Khabar, M. Ali Djerri, dans une
autre affaire relative à la diffamation et l’ayant opposé au
ministère de l’Agriculture, a été condamné à deux
mois de prison avec sursis et le versement d’un dinar symbolique
en guise de dommages et intérêts au profit de la partie civile.
Par ailleurs, dans plusieurs affaires où les jugements ont été prononcés,
des appels seront introduits par les avocats de la défense pour
les verdicts des procès en deuxième instance.
Abder
Bettache |
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