Procès contre la presse : plusieurs affaires reportées

Le Quotidien d'Oran, 19 janvier 2005

Plusieurs procès ont été reportés, hier, suite à la décision du magistrat en charge des affaires de diffamation à l’encontre de certains titres de la presse nationale au niveau du tribunal de Sidi M’hamed.

L’affaire opposant le ministère de l’Energie et des Mines au quotidien Le Matin, suspendu depuis le 23 juillet 2004, et celle opposant l’homme d’affaires émirati Mohamed Al-Shorrafa au même quotidien ont été reportées au 15 mars prochain. Ces nouveaux reports ont été motivés, selon le magistrat, par l’absence du directeur de la publication du Matin. La procédure d’extraction, donc de transfert de Mohamed Benchicou vers le tribunal à partir de la maison d’arrêt d’El-Harrach n’ayant pas été effectuée. Mohamed Benchicou purge actuellement une peine de deux ans de prison ferme au niveau d’El-Harrach. Il avait assisté jusqu’à présent à tous les procès intentés contre le Matin.

La plainte déposée par le ministère de l’Energie et des Mines contre le directeur de publication du Matin et deux journalistes concerne une enquête publiée par Le Matin en juillet 2003. Cette enquête portait sur l’achat des deux tours de la résidence Chaabani par la Sonatrach et qui impliquait, selon le quotidien, Chakib Khelil, ministre de l’Energie et des Mines et ex-PDG de la compagnie pétrolière. L’affaire avait été reportée précédemment sur demande de la partie civile.

Concernant la deuxième affaire, elle porte sur une série d’articles publiés durant l’été 2002 sur Mohamed Al-Shorrafa, l’accusant particulièrement de violation des lois algériennes, d’avoir bénéficié du soutien des plus hautes autorités algériennes pour l’octroi de marchés, dont celui de la deuxième licence de téléphonie mobile à Orascom Télécom. L’homme d’affaires émirati avait saisi, fin 2002, la justice contre Mohamed Benchicou et deux autres journalistes du Matin. Le procès avait été reporté une première fois le 7 décembre dernier.

Par ailleurs, dans le procès opposant Mohamed Bedjaoui, président du Conseil constitutionnel, au quotidien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, directeur de la publication, et Linda Belmabrouk, journaliste, ont été condamnés respectivement à 2 mois de prison avec sursis et 10.000 dinars d’amende pour le premier et deux mois de prison ferme et 50.000 dinars d’amende pour la journaliste.

S. S.

 
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